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Burkina Faso : A LA DÉCOUVERTE DU « SA-KυRE » : « PARATONNERRE OU PARA-FOUDRE TRADITIONNEL »

Mes curiosités culturelles et scientifiques (mes Amours) m’ont poussé à mener une petite recherche sur un repas rituel qui était courant en milieu moaaga que nous avons connu à notre enfance.

Il s’agit de sa-kυre. Dès que la saison hivernale s’annonçait, chaque grande concession du village préparait un repas (tô) qui se mangeait dans des conditions particulières dont le but est de protéger les Hommes, les animaux, les maisons et les arbres fruitiers contre la foudre (envoyée ou naturelle).

C’est le zak-soaba( le chef de famille) en personne qui prépare ce tô( acte inhabituel) à partir d’une décoction faite de fèces de pluie(sa-bιndu) ou de pierres de pluie(sa-kuga) concoctée par les spécialistes et détenteurs de l’art de manipulation de la pluie. Le tô est déposé directement sur les feuilles fraîches du Neré.

La sauce est à base de baobab(toεga) ou de haricot(bεnga) accompagnée soit de viande de bœuf ou de mouton mais jamais de chèvre. Cette sauce est directement versée dans un trou confectionné pour cet effet et à côté du tô. Dès que le repas est prêt, toute personne autochtone, étrangère ou même simple passant, sauf une femme enceinte, peut venir manger pour se protéger.

Les femmes prennent quatre(04) bouffées( sag-võre) et les hommes en prennent trois(03). On le mange strictement en silence et souvent par la main gauche. Dès lors, on est protégé contre les tonnerres et foudres. Le reste de la décoction est utilisée pour asperger les cases, les animaux, les arbres fruitiers dans les champs.
Le sa-kυre, qui vient de saaga(pluie) et de kυre(atténuer l’intensité ou anéantir la nuisibilité) est une pratique timidement observable de nos jours. Une autre de sa variante se fait sous forme de beignets dont seule la femme qui n’enfante plus peut les frire et surtout en silence.

A la question de savoirs si les fidèles des religions révélées le mangent, mes informateurs sont catégoriques : « comme c’est juste pour se protéger, beaucoup en mangent même si certains se cachent ».

NB :Toutes mes sincères excuses auprès des Sawato( pluriel de sawadogo) et autres familles ou lignées qui maîtrisent le génie de la pluie, du vent, de la foudre. Mon intention n’est pas de divulguer leurs secrets c’est juste contribuer à préserver nos savoirs locaux. N’gao

Dr Patrice KOURAOGO
Conseiller Spécial du Président du Faso , chargé de la culture et du tourisme.


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