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Burkina Faso : l’histoire coloniale la course aux traités

Notre connaissance de l’histoire africaine se fonde essentiellement sur les traditions
orales et les écrits des explorateurs et des colonisateurs. Les légendes et les mythes
sont une source de première importance qui nous permet d’appréhender, dans toute leur complexité, les liens qui unissent les populations des pays voltaïques, leurs similitudes et leurs points de divergences.

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Carte des missions allemandes, anglaises et françaises d’après l’Atlas des Colonies françaises, Paris, 1902 (A. D. Aude, B°184).

Le pays mossi est l’enjeu des rivalités des puissances européennes implantées dans
la région. L’Allemagne, depuis le Togo, veut agrandir son territoire jusqu’au fleuve Niger. Le Royaume-Uni compte annexer l’arrière-pays de la Gold Coast.
La France, depuis ses bases du Soudan français et de la Côte-d’Ivoire, lance plusieurs missions destinées à relier ces territoires au Dahomey et à faire barrage aux prétentions britanniques et allemandes.

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Le docteur Crozat, Paris, [1895]

L’expédition du docteur Crozat (août-novembre 1890) se solde par un échec politique : il obtient des promesses d’amitié du Mogho Naba mais ne parvient à faire signer aucun traité. Quant à la mission du capitaine Monteil, qui le mène de Saint-Louis (décembre 1890) à Tripoli (décembre 1892), elle n’a guère plus de résultats même
si celui-ci prétend avoir placé les territoires de la boucle du Niger sous protectorat français.

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Le capitaine Monteil Paris, [1895]
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L’itinéraire du capitaine Monteil (P.-L Monteil, De Saint-Louis à Tripoli par le lac Tchad… , Paris, [1895], planche hors texte)

En 1894-1895, des missions concurrentes sont envoyées par l’Allemagne
et la France pour s’assurer le protectorat du pays gourmantché. En
pays mossi, George Ekem Fergusson, envoyé des Britanniques, obtient
du Mogho Naba Wobgo la signature d’un traité de protectorat que les
Français s’empressent de récuser.

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Le Moro Naba, 1949 (Centre National des Archives d’Outre-Mer, 30 Fi 6/1)

La conquête armée

Devant les succès britanniques, le capitaine Destenave reçoit l’ordre de prendre effectivement possession des pays voltaïques au nom de la France. Au Yatenga, la guerre de succession au trône que se livrent le naba Baogho et son neveu Bagaré facilite la réussite de Destenave. Le 14 mai 1895, celui-ci obtient la signature d’un
traité incluant pour la première fois l’obligation pour le territoire d’accueillir un résident et une garnison, traité qui est confimé par Bagaré, devenu le naba Bulli après la mort de son oncle. Rencontrant l’hostilité des populations mossi à partir de Yako, Destenave décide d’abandonner son projet de rejoindre Ouagadougou.

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Itinéraire de la mission Destenave, 1895 (Archives nationales du Sénégal, 1 G 211)
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Rapport du lieutenant Voulet, 1896 (Archives nationales du Sénégal, 1 G 221).
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Traité de protectorat du Mossi, 1897 (Archives nationales du Sénégal, 15 G 1).

En juillet 1896, une force armée importante quitte Bandiagara avec à sa tête le lieutenant Voulet. Le temps n’est plus aux négociations. Voulet a ordre de conquérir les pays mossi et gourounsi. Le 1er septembre devant Ouagadougou, ses 250 hommes bien armés font la différence. Devant l’intransigeance de Boukary Naba qui s’exile, Voulet fait introniser Kouka Naba, frère de Boukary. Il peut ainsi faire signer le traité nécessaire à la reconnaissance internationale de l’occupation française du
pays mossi. Le 19 septembre, le Gourounsi se soumet et Hamaria, son chef, signe un traité en tout point comparable à celui du Yatenga.

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Salutations au Mogho Naaba à Ouagadougou, [début XXe siècle] (Fonds de la Société des Missionnaires d’Afrique ; A. D. Aude, 47 Dv 1/32).
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Soldat et son cheval (P.-L Monteil, De Saint-Louis à Tripoli par le lac Tchad… , Paris, [1895], p. 65).

En 1897, les pays lobi et bobo sont conquis. Cependant, ces traités signés n’engagent nullement ces populations dotées d’une organisation décentralisée sans chef suprême. Cette même année et l’année suivante, des conventions franco-allemande et franco-britannique èglent défiitivement les conflts territoriaux et
établissent le tracé des frontières des pays nouvellement annexés.

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Le Moro Naba, [début XXe siècle] (Société des Missionnaires d’Afrique, A. D. Aude, 47 Dv 1/12).


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