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L’histoire de Boulsa et leur d’origine et de Naaba Namende

Boulsa est l’une des premières chefferies moosi fondées dans la partie Est du Moogo, le pays des Moosi du Burkina Faso. Naaba Namendeson fondateur, fils du fondateur du royaume de Ouagadougou ou Wubr-tenga, a eu un règne particulier, marqué par une crise politique ayant conduit au déshéritement de ses fils et à l’installation d’une nouvelle dynastie à Boulsa.

Les épisodes de cette crise sont interprétés différemment à travers les traditions orales, suivant que les informations recueillies sont officielles ou non. Cette crise a aussi provoqué des mésententes au sein de l’aristocratie moaaga de Boulsa et conduit à l’institution d’un culte dénommé « culte de la haine ».

INTRODUCTION
Comme d’autres peuples de l’Afrique subsaharienne, les Moose du Burkina Faso sont très religieux. Au cours de leur évolution, ils ont élaboré une religion fondée essentiellement sur l’adoration des ancêtres, des divinités et l’organisation de cultes à leur honneur. Dans ce processus, le culte des morts et des ancêtres occupe une place prépondérante dans leurs croyances et pratiques. Ce culte partirait du principe que les ancêtres communiquent toujours avec les vivants et seraient même capables de leur dispenser de bonnes choses. Les ancêtres sont en quelque sorte les garants de la continuité entre la vie et la mort (DIALGA E.B. 1981 : 9). D’après Annie BRUYERE, « Leur présence qui n’est pas toujours dangereuse se manifeste surtout pendant la saison sèche sous la forme de courants d’air qui font bouger les feuilles des arbres et qui soulèvent la poussière du sol » (BRUYERE A. 1987 : 90). Il s’en suit que les vivants entretiennent des relations privilégiées avec leurs ancêtres à travers
des rites coutumièrement institués et des sacrifices particuliers et régulés qui leurs sont destinés.

Mais si le fondement du culte est d’honorer les ancêtres dans l’optique d’être dans leurs bonnes grâces pour s’assurer leur soutien, il arrive que pour des raisons particulières, les agissements des vivants soient contraires à la règle de l’honneur qui leur est due, à travers des pratiques et des sacrifices déshonorants. C’est le cas d’un culte dénommé « culte de haine » pratiqué par les Moose de Boulsa, dans la province du Namentenga. Qu’entend-t-on par culte de la haine et dans quel contexte historique il a été institué ? Comment se pratique-t-il et quelles en sont les conséquences ?
Pour répondre à ces questions, nous avons opté d’abord de mener des enquêtes orales à Boulsa et dans certains villages du Namentenga, auprès des pratiquants du culte et de certaines personnes ressources. Les informations collectées ont été ensuite analysées et confrontées à d’autres données relatives à des pratiques
plus ou moins similaires qui s’opèrent dans d’autres régions du Moogo et d’ailleurs pour mieux cerner la particularité du culte de Boulsa et ses implications historiques. Mais avant, il importe de présenter la zone de l’étude.

I. PRÉSENTATION HISTORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE DE LA
ZONE D’ÉTUDE

Actuellement Boulsa est le chef-lieu du Namentenga, l’une des trois provinces de la région du Centre-nord du Burkina Faso.
Boulsa est à 155 km de Ouagadougou à l’Ouest, à 80 km de Kaya au Nord et à 70 km de Tenkodogo au Sud-ouest, les grandes villes voisines. Le terme Boulsa ou Boulsa de l’orthographe nationale moore serait d’après Georges CHERON (1924 : 643), le nom d’un teng-soaba (chef de terre) de Bulla, un quartier du village de Bonam2, à treize Km au Nord de la ville actuelle de Boulsa. Bulla était, d’après lui, habité par des Yônyôose.

Michel Izard parle aussi d’un « chef nyonyose de la région de Boulla
(actuellement quartier de Bonam) nommé Boulsa, en guerre contre un chef gourmantché nommé Nébba… » (IZARD M. 1970 : 231). Autrement dit, Bulla est un toponyme tandis que Bulsa ou Boulsa est un prénom.
Dans une autre version, Georges Chéron précise que « Naba Namendé demanda à Naba Guigma5 l’autorisation de s’installer à Boulla… » (IZARD M. 1970 : 231). Un informateur du nom de Gomwende Sawadogo indique aussi que Boulla ou Bulla est différent de Bulsa : « Notre ancêtre (celui des Yônyôose de Bulla) s’appelait Bulsa. Les Moose à leur arrivée le délogèrent et occupèrent Bulla 6 », le quartier où il habitait. Mais comment se fait-il que Bulsa soit devenu un nom de lieu ?
Répondant à cette question, Sibri Bikièga fait remarquer que Bulla est un mot dérivé de l’expression « m na n zinda bulla poore :
Je vais m’installer derrière le point d’eau » ; faisant référence aux propos d’un Yônyôaaga (sing. de Yônyôose) qui vivait ici. L’endroit se dit bulla ou bulli ou bulga, de la langue moore, et désigne le puits, la rigole, un endroit où l’on trouve de l’eau.
Dans une autre information recueillie auprès du teng-soaba (chef de terre) du quartier Bulla de Bonam, on retient ceci : « Nos ancêtres (Yônyôose) étaient à Buls-kaongo8, près de la colline de Laogra. C’est là qu’ils installèrent Namende, fils de naaba Wubri qui fonda la dynastie royale de Boulsa. Bulsa était le nom de leur doyen9 ». Toutes ces informations montrent que Bulla est un terme forgé par les Moose à leur arrivée pour désigner le quartier des Yônyôose, tandis que Bulsa désigne vaguement le propriétaire des lieux ou bulla soaba : de bulla, relatif à bulga ou puits, et soaba ou propriétaire, le doyen des Yônyôose.

Ces informations montrent également que des Yônyôose vivaient dans la zone actuelle de Boulsa, de même que la zone était bien arrosée. Les Yônyôose ont été par la suite évincés par des Moosi sous la conduite de naaba Namende. Qui est donc Namende ? Namende est considéré comme un fils de naaba Wubri, lui-même fondateur du royaume moaaga du Wubr-tenga ou royaume de
Ouagadougou. D’après Michel Izard, Namende serait son premier fils (IZARD M. 1970 : 233). Mais l’Association des Scolaires de Boulsa (ASB) fait de lui son second (ASB 1975 : 13).
La version de l’ASB est corroborée par un récit popularisé relatant les circonstances dans lesquelles il a quitté le Wubr-tenga pour Boulsa. Autrefois, dit-on, la coutume exigeait qu’à la mort d’un chef moaaga, l’on désigne parmi ses jeunes fils l’un d’eux comme régent, chargé de gérer les affaires courantes. Ainsi, à la mort de naaba Wubri, le choix aurait été porté sur Namende. La coutume voulait aussi qu’au bout de trois ans au maximum d’interrègne, un nouveau roi soit désigné. Alors, le régent ou ku-rita10 était envoyé ailleurs, loin de la capitale.

Considéré comme l’incarnation d’un naaba défunt, le ku-rita était placé dans un commandement et ne devait plus revoir le nouveau naaba, faute de quoi, l’un d’eux était censé mourir. Ce serait dans ces circonstances que Namende a été écarté et envoyé à Boulsa. La tradition orale véhicule un autre récit d’après lequel les Yônyôose de Bulla et les Yarse de Guiemseogo, un autre quartier du
village de Bonam, étaient régulièrement pillés par des Gulmanceba venus de Con11 ou de Kuala12, ainsi que par des Silmiisi (Peul) venant de Guiemaré (région actuelle de Dori). Pour mettre fin à ces pillages, ils auraient demandé à naaba Wubri de leur envoyer l’un de ses fils pour qu’il devienne leur chef et leur débarrasse de leurs ennemis. Naaba Wubri leur désigna un prince. Mais celui-ci n’était qu’un enfant. Alors les Yônyôose, pour le reconnaitre plus tard
quand il allait devenir grand, firent du « tiim » (magie), le rendant
infirme : namelga. Ce qui se traduit par jambe atrophiée. Namelga aurait donné par déformation namende, prénom du fils de naaba Wubri que les Yônyôose ont choisi pour qu’il s’installe à Boulsa et devienne leur chef.

Chronologiquement, c’est au début du XVe siècle et dans la première
moitié du XVIe siècle que l’on situe respectivement la fondation du Wubr-tenga et de Boulsa ou royaume du Namend-tenga. Naaba Namende est considéré comme le fondateur de la dynastie des chefs moose de Bulla devenu par la suite Boulsa. Dès lors, Namende aurait installé ses fils à la tête des villages importants
comme « Songrtenga, Kobouré, Gomdougou, Niega, Zambanga,
Sanguin, Simba et Poghobogo » (CHERON G. 1924 : 648), pour former son royaume. Ce territoire sur lequel il exerçait ses droits était limité à sa frontière Est par une fédération d’Etats gulmanceba dont les plus proches étaient d’après Georges MADIEGA (1982 : 233), Kuala et Con au Nord-est, Bogandé et Piéla au Centre-est et Bilanga au Sud-est. Il partageait ses frontières nord avec Arbinda et ouest avec le Wubr-tenga. Enfin, Koupéla constituait une zone tampon entre Boulsa et Tenkodogo.
Namende, dit-on aussi, aurait eu un long règne (quarante-sept ans). Mais à sa mort, il aurait laissé une œuvre inachevée, un royaume partiellement pacifié et une famille divisée et impétrée dans des conflits fratricides qui eurent pour conséquence le déshéritement et l’éviction de ses fils du trône. Dans ce contexte également, un culte dénommé culte de la haine dédié à Kweoogo, sa fille aînée,
a été institué. Qu’entend-on par culte de la haine ? Dans quelle circonstance a-t-il été institué.

II. LE CULTE DE HAINE : SON INSTITUTIONNALISATION
Avant de présenter ce culte proprement dit, il importe de montrer quelques circonstances dans lesquelles les Moose organisent des cultes.

II.1. Rappel des circonstances de culte en pays moaaga
D’une manière générale, les Moose conçoivent leur univers comme une sorte d’ordonnancement dans une logique sociale et politique particulière, soutenue par une conception culturelle et philosophique fondée sur l’existence d’un monde visible et d’un monde invisible. Ainsi, les choses qui disparaissent du monde visible sont censées se retrouver dans un monde invisible qui est sensé être le double de ce monde. Monde visible et monde invisible seraient « …les connotations fondamentales de l’existence et se trouvent si intimement liés…que l’un ne peut se concevoir sans l’autre » (OUEDRAOGO J.B. 1979 : 72). Le monde invisible est par excellence est le domaine des divinités et des ancêtres. Pour eux, les deux mondes sont le fait d’une divinité suprême ou Wênd-naam, un dieu incréé résidant dans le soleil. C’est aussi le windga (dieu-soleil), ou windtoogo (dieu soleil ardent), ou wênd-naam (dieu-soleil à l’image du roi suprême). Il ne s’occupe plus du détail des événements sur la terre et du minime détail de la vie des hommes qu’il a réglé une bonne fois pour toutes. Les hommes s’adressent à lui par l’intermédiaire d’une autre divinité : tênga ou terre. Tênga est considérée comme une déesse, épouse du dieu-soleil.
Elle est source de vie et cadre géographique de l’organisation sociale. Les relations entre les hommes et la terre déterminent des situations complexes dont les implications religieuses, sociales et économiques sont interdépendantes. C’est à la terre que l’on adresse les sacrifices destinés au dieu suprême et aux autres divinités existant dans lanature. La terre constitue l’expérience première du sacré. Elle est également avec la foudre et les autres puissances de la nature comme le vent, un grand arbitre. Ainsi, il existe une sorte de contrat liant
harmonieusement l’homme à son milieu par un système de devoirs et de droits réciproques (OUEDRAOGO J.B. 1979 : 72) ; le respect de ce contrat garantissant le maintien de l’ordre ontologique et social. C’est ici que s’organisent et se déroulent les activités de tous les jours ; celles des vivants en relation avec leurs ancêtres et leurs divinités protectrices. C’est dans et sur la terre que résident aussi les divinités humaines ou ancêtres.

Les ancêtres ou kiimse (pluriel de kiima) forment une communauté aux côtés des vivants. Mais leur degré de sublimation n’est pas identique. D’un côté, il y a les ancêtres lointains et inactifs et de l’autre, les ancêtres immédiats actifs, ou encore ancêtres personnels.
Des ancêtres lointains, on ne retient plus grand-chose. On les invoque peu ou globalement, à l’occasion des fêtes dédiées à l’ensemble des morts. Mais les ancêtres actifs sont ceux dont on garde encore en souvenir le passage sur terre. Ils sont activement sollicités et invoqués lors,de cérémonies coutumières et lors des rites particuliers qui leur,sont destinés. Leur évocation est censée agir sur le cycle des choses, comme la venue attendue de pluies, l’éloignement des mauvais sorts,,etc. Ces ancêtres adoreraient généralement les bonnes choses de ce,monde. Aussi leur réserve-t-on les prémices des récoltes sous forme,de sacrifice liquide (zom-koom (eau mélangée de farine de mil écrasé),et raam (bière de mil) et de sang (sacrifice de poulets, de moutons et de bœufs). Ces sacrifices unissent vivants et morts et constituent à la fois « une continuité rituelle dans la vénération de tous les ancêtres et au renforcement des liens religieux et politiques » (SKINNER EP.
1971 : 286-287). Les rites et les sacrifices constituaient aussi des moments de réjouissance dans la communion entre vivants et morts. C’est ainsi qu’après avoir cultivé et engrangé leurs récoltes, signe non seulement des bons rapports qu’ils ont entretenus avec leurs ancêtres mais aussi avec les divinités protectrices, les Moose, dit-on, étaient près à pardonner à leurs ennemis leurs fautes. Ce qui montre bien l’importance qu’ils accordaient à la célébration des cultes voués à leurs ancêtres. Pourtant, à Boulsa, une manifestation cultuelle contraire est signalée. Dénommé culte de la haine, son organisation est empreinte de répulsion et de vengeance et concerne un personnage politique et historique important : Kweoogo, fille aînée de naaba Namende.

II.2. Description du culte de la haine
Comme tous les ancêtres dits actifs, Kweoogo est considéré comme un personnage ayant joué un rôle social et politique décisif grâce auquel un culte lui est voué. Présentée comme la fille aînée de naaba Namende, le fondateur de la royauté de Boulsa, un culte lui est rendu à l’emplacement indiqué comme étant celui de sa tombe. En effet, chaque année, à la fin des récoltes, on commémore sa mort sept jours après le kitoaaga15 ou fête des prémices. Cette commémoration a lieu dans le quartier Gounga à cinq km à l’Ouest de Boulsa où vivent ses descendants, mais aussi à Tanguin, à Zambanga et à Zéguédégué où vivent les descendants des autres
fils de naaba Namende, c’est-à-dire, les descendants des frères de Kweoogo. (Nous n’avons pas eu l’occasion d’assister à la célébration du culte dans tous ces villages). Mais nous avons pu interviewer des informateurs de chaque village et procédé à des recoupements d’informations y relatives.

D’après ces informations, la célébration du culte diffère d’un village ou groupes de villages à l’autre. Ainsi, à Gounga, c’est le naaba (chef) du quartier qui s’occupe des préparatifs et de la célébration. Le culte se dit : zomb a Kweoog yaooga, que l’on peut traduire littéralement par : monter (procéder aux sacrifices) sur la tombe de Kweoogo. Kweoogo, du fait de son statut de princesse, aurait été une femme très influente à la cour du naaba de Boulsa du temps du règne de son père. Fille-aînée mais aussi femme pétrie de sagesse, de son vivant, elle aurait été très crainte et écoutée. Avant de mourir, elle aurait ordonné que l’on sacrifie chaque année à ses mânes une vache blanche en gestation. Depuis ce temps, tous les chefs qui se sont succédé à Boulsa respectent sa volonté et commémorent le culte de son tombeau comme elle l’aurait demandé. En revanche, le culte de son tombeau est célébré différemment par ses frères et leurs descendants vivant à Zambanga, à Tanguin et à Zéguédégué.
A Zéguédégué où le culte est plus populaire et encore vivace, il est célébré dans un sentiment empreint de rejet, de répugnance et d’hostilité. Les expressions employées pour décrire ce culte se traduisent littéralement par « culte de la haine ». En effet, « C’est sur un amas de gourdins que l’on procède aux sacrifices en commémoration d’un acteconsidéré comme une haute trahison » (KRISYAMBA A.L. 2000 :).
Le même sentiment de haine lui est voué à Zambanga et à Tanguin où d’après nos informateurs, en lieu et place du poulet, du mouton ou du bœuf, « on sacrifie à ses « mânes » une mante religieuse et un « Kafaoogo18 » » (KRISYAMBA A.L. 2000 : 34). En ce qui concerne les libations, à la place du traditionnel zom-koom (eau de boisson faite avec un mélange de farine et d’eau) ou du râam (bière de mil), c’est un mélange d’ersatz de karité (but-koom) et de cendre qu’on
lui destine. Le sacrificateur s’orientait alors dans la direction de Gounga et procédait aux offrandes en ces termes : « reeg f putoog koom n yû : (reçois toi ventre amère eau (pour) boire) ou « reçois l’eau de ta trahison19 »). Comme on le constate, il y deux façons de célébrer sa mémoire. Il est à se demander qu’est-ce qui, dans l’histoire sociale et politique, et dans ses relations avec les autres, justifie une telle expression contradictoire des sentiments à son égard. Dans la partie qui suit, nous nous intéressons principalement aux causes de la haine.

III. LES CAUSES DE LA HAINE
La haine vouée aux mânes de l’ancêtre Kweoogo par les descendants de ses frères comporte essentiellement des causes officielles et non officielles. Mais toutes semblent en rapport avec les tractations pour la succession de naaba Namende.

III.1. Les causes officielles
Les traditions de Boulsa présentent Namende comme un souverain dont le règne a été particulièrement long. Quoi qu’il en soit véritablement, son passage au pouvoir est enrichi d’épisodes divers et fait de rebondissements. Mais toutes les données concordent sur le fait que ce long règne n’aurait pas été bien apprécié de son entourage. Ainsi, rapportent les traditions de Zambanga, la première épouse (pog-kêema) de Namende le voyant s’éterniser au trône, s’inquiétait pour son fils-aîné dont les chances de devenir roi s’amenuisaient de jour en jour : « a biigâ ka na n bang naam noog ye : son fils ne pourra pas jouir des bienfaits du pouvoir 20 ». Un jour, alors qu’elle aidait le vieux roi dans sa toilette matinale, l’éclat de ses bijoux reflétant les rayons du soleil levant donna un signal à des ravisseurs qu’elle avait recrutés pour éliminer naaba Namende.

Dans une autre version proposée par l’ASB, nous lisons ce qui suit : « Alors que Namendé était tout couvert de mousse, Rimalguedo (la pogkẽema) leva haut ses bras chargés de bijoux d’or et d’argent par-dessus l’enceinte. Grâce aux premiers rayons du soleil, les bijoux produisirent des reflets miroitants bien visibles de loin. C’était un signal donné. A l’instant même, une horde de cavaliers gourmantché surgit à l’horizon, prêts à répandre le sang…Le temps de nettoyer la mousse de savon qui encombrait son visage et d’enfiler un pagne autour des reins, Namendé est sur pieds de guerre. Aidé de quelques gardes accourus…Il mit en déroute ses assaillants gourmantché » (ASB. 1975 : 15).
Naaba Namende apparait ici comme un chef qui aimait la guerre. Très prudent, il aurait toujours eu à portée de main une arme. C’est ainsi que, lorsque les assaillants ont été repérés, il a été prompt à réagir et à les repousser. Le récit de ce complot déjoué est relayé par les griots en ces termes : « naaba namend zab rakaeg kôn zab ne bobdo ; n’zab ti bobd ket n della : naaba Namende, le chef qui se bat sans harnacher son cheval ; qui va au combat les mains nues ».

Krisyamba Ali Larba, un informateur de Zambanga, décrit le fils aîné de naaba Namende pour qui le « complot » avait été monté comme un aventurier aimant particulièrement la chasse et les razzias. Pour lui, ce jours-là ; comme les autres jours, il était à la chasse. A son retour, c’est un père désemparé et consterné qu’il aurait trouvé, qui lui dit : « C’est bien ce que tu fais là ; mais sais-tu que ta mère a comploté contre moi ? « Fo miimê ti f ma zambom lame ti m bange ? Sais-tu que j’ai découvert un complot de ta mère contre ma personne et le royaume….afin que tu sois roi ».
Tout furieux, le fils aurait enfourché le premier cheval trouvé et serait allé à la poursuite des assaillants de son père. Il les rattrapa et engagea une lutte contre leur chef. Après l’avoir tué, il le décapita, coupa ses mains et déposa ce trophée aux pieds de son père, qui reconnut son ennemi aux six doigts qu’il avait à chaque main. Content d’avoir été vengé, mais meurtri dans l’âme, son père lui aurait encore dit : « Ton courage inégalé et ta bravoure exemplaire m’honorent. Mais la parole donnée au père de mon père n’a jamais été contredite. Ta mère m’a trahi dans un but pour lequel je me suis déjà prononcé. Elle n’aura jamais
ce qu’elle désire ; à konga me (elle a tout perdu) ».

Avec amertume, Namende se serait trouvé obligé de répudier sa première femme et d’écarter son fils légitime de toute prétention à sa succession. Ce serait dans un tel contexte qu’à la mort de Namende, sa succession posa d’énormes difficultés. D’après les traditions de Zambanga, parmi les courtisans, certains se disant partisans du fils aîné déshérité lui auraient suggéré de revendiquer le trône
malgré la sentence de son père. Mais celui-ci aurait refusé, préférant soutenir discrètement la candidature de son frère cadet utérin. Malheureusement, ce dernier trop jeune et infirme aurait été désavoué.
Par ailleurs, les autres fils de Namende auraient coalisé contre eux.
Un conflit éclata, doublé d’une complicité des habitants des villages d’origine des mères, contribuant à amplifier la tension. La crise qui secouait ainsi Boulsa aurait atteint un degré de pourrissement sans pareil. Dans une première démarche, une princesse de Boulsa nommée Kweoogo, après plusieurs tentatives
de réconciliation de ses frères en guerre, serait allée voir le teng-soaba de Bulla, le priant de trouver une solution définitive. Mais la médiation du teng-soaba n’aurait pas abouti. C’est alors que dans une seconde démarche, en compagnie du teng-soaba, elle serait retournée aux sources du pouvoir, dans le Wubr-tenga, pour exposer le problème dans le détail et solliciter l’aide du Moog-naaba.
Dans une troisième démarche, après avoir essayé à son tour de trouver une solution fraternelle et pacifique à la crise successorale de Boulsa, le Moog-naaba se serait résolu à en découdre avec les fils de Namende en envoyant un des propres fils pour prendre le trône de Boulsa.
C’est au Moog-naaba Naskemde (2eMoog-naaba) (ASB. op.cit.15) qu’est revenue la lourde responsabilité de résoudre la crise politique de Boulsa. Ainsi, avec son aide, Kweoogo aurait obtenu que la guerre fratricide cesse avec l’envoi d’un prince de Ouagadougou pour départager les fils « ennemis » de naaba Namende.
Le nouveau prince se fit nommer naaba Ned-yansa, de l’expression : « Ned yans m yinga, a san n ka kuma, a na sâam ma : Si quelqu’un est contre moi, s’il ne me tue pas, il m’affaiblit » ; pour dire qu’un homme doit toujours se méfier de ses ennemis, référence au fait qu’il avait à faire face à l’adversité des fils de Namende désormais évincés du trône de Boulsa.

Les traditions historiques du Wubr-tenga font aussi cas de cette crise qui a secoué Boulsa : « A la mort de Namende, son fils aîné Kan yende fut écarté de la succession. Il emporta le fétiche du pouvoir (naam tiibo) et s’éloigna, suivi des siens et de ses partisans. Il voulait retourner à Wubr-yaoogê d’où était originaire Namende son père…Or le retour de Kan-yende vers Wubritênga mettait tout le pays en effervescence, parce que Namende avait été le Kurita de naaba Wubri…les Yõnyõose de Gilungu l’immobilisèrent là où se trouve le « Ziyanre » actuel, c’est-à- dire, sur leur propre territoire… » (DIALLO L. 1985 : 138-139). Quelques-uns de sa suite auraient obtenu l’hospitalité du Ziteng-naaba qui leur permit de s’installer à Tankanga, mais en leur faisant remarquer qu’il s’agissait d’une concession et qu’on n’avait jamais rien vu de pareil, un Ku-rita qui revient vers le Moog-naaba25. Depuis cet événement, le nom du village est devenu Ziyanre, et par déformation, Ziniaré. Le Moog naaba aurait renvoyé Kan-yende à Boulsa où après avoir vainement tenté de renverser la situation, il se serait résolu à se retirer avec ses frères, chacun vers une destination donnée.
Quant à leur sœur Kweoogo, la femme par qui leur déshéritement à jamais a été prononcé, elle aurait essuyé leurs malédictions les plus nourries, une malédiction qui se serait matérialisée par des propos peu élogieux et discourtois à son égard de son vivant, et par l’institution à sa mort d’un culte à travers lequel ils condamnent à jamais son âme à vivre dans les tourmentes, sans repos et sans libations. D’où, une commémoration dans les circonstances décrites plus haut. Nous avons dit aussi que Kweoogo, de son vivant, a instruit à ses proches de lui sacrifier chaque année une vache blanche en gestation. Le choix d’un tel animal sacrificiel est assez expressif.

En effet, ses démarches auprès de ses frères et auprès du teng-soaba de Bulla pour les réconcilier, puis ses efforts de retour aux sources pour solliciter l’aide du Moog-naaba, gardent leur mérite et leur noblesse. La crise a pris fin. L’espoir d’un peuple de vivre dans la paix et la concorde a été retrouvé. Elle a, pour ainsi dire, sauvé le trône de Boulsa et préservé un royaume entier. Mais pour autant, elle n’a pas sauvegardé ses propres intérêts et ceux de ses frères qui ne font qu’un, en permettant à l’un d’entre eux de régner. Par ses multiples démarches, elle a permis que le trône de son père soit accaparé par une autre lignée, condamnant à jamais ses frères à la « roturisation ». Son geste ne pouvait donc qu’être apprécié diversement.
En voulant sauver des vies et préserver la stabilité de la royauté coûte que coûte, elle aurait dressé ses propres frères contre elle. Elle s’en était donc allée, sachant qu’elle était appréciée par les uns, les bénéficiaires de la situation, incomprise et détestée par les autres, ses propres frères. Dans son entourage, il n’y aurait jamais une seule position clairement établie sur le bien-fondé ou pas de sa démarche, tout comme il est difficile de connaïtre le pelage de l’embryon dans
le ventre de la vache qu’elle a demandé qu’on lui sacrifie. Elle serait ainsi partie dans le doute, la suspicion et la rancune des uns et la bénédiction des autres. Tels sont officiellement les faits historiques qui ont conduit à l’instauration d’un culte se déroulant en deux phases dont l’une dans un contexte empreint de haine. Mais il en existe d’autres non officielles qui justifient cette situation.

III.2. Les causes non officielles
Les informations ci-dessus énumérées mettent en exergue l’éclatement d’une crise opposant naaba Namende à son fils aîné, provoquée par une trahison dont ce dernier se serait rendu coupable avec l’aide de sa mère. Les informateurs parlent tantôt de complot, tantôt aussi de trahison. Dans tous les cas, il s’agit d’une crise de confiance entre le naaba et des membres de sa famille, pas les
moindres, sa première femme et son premier fils. Cette crise est par ailleurs doublée de complicité avec les personnes extérieures, tantôt précises (des Gourmanceba), tantôt imprécises, dont le but est d’éliminer physiquement un père et un époux pour donner une chance à un héritier. Le statut des coupables et l’organisation du complot appellent des commentaires.
En pays moaaga, la première femme ou pog-keema est une femme qui a de lourdes responsabilités comme entre autres, la garde de la case des fétiches et la case des ancêtres du lignage royal et la préparation des libations destinées aux ancêtres. Elle participe à l’organisation des rites coutumiers et assiste discrètement ou indirectement aux délibérations. Elle est une confidente pour le roi mais aussi une conseillère sur laquelle les notables aussi savent compter pour la prise de décisions éclairées dans la gestion des affaires du royaume.
D’après Dim Salif SAWADOGO (1994 : 72) : « …les femmes sont au cœur du pouvoir soit à l’ombre, soit ouvertement mais en tout cas un grand compagnon dans la gestion des affaires de la cité ». Il note aussi que de tout temps les femmes ont été au début et à la fin du processus du pouvoir politique nakombga (SAWADOGO S.D., 1994 ).
Autrement dit, ce ne sont pas ses fonctions procréatrices qui sont négociées mais son rôle politique, culturel mais aussi diplomatique. C’est pourquoi, elle est généralement choisie parmi les femmes âgées de la cour, issue de « bonne famille », mariée selon la coutume, et connaissance parfaitement les us et interdits de la royauté. Par ailleurs, il n’existe pas une règle rigide régissant le choix de la pog-kêema. Son choix suit la coutume. Or, les garants de la coutume
sont des hommes de l’entourage du naaba, qui la contrôlent par la même occasion. Une personne extérieure, choisie par eux, avait-elle suffisamment de marge de manœuvre propre ? Etait-elle capable d’en arriver là, de la sorte et à leur insu ? On en doute fort. La réalité d’un complot perpétré par un élément clé du système remet en cause les fondements même de la sacralité du pouvoir,
de la vie sociale et culturelle du royaume qui reposent pour ainsi dire entre ses mains. C’est même une remise en cause du choix des premiers responsables en général et de la viabilité du royaume de Boulsa en particulier. D’après les informations, cette pog-kêema est originaire du pays gourma. Unanimement, elle est présentée dans toutes les versions recueillies comme pog-kêema, c’est-à-dire une femme légitime par le mariage qui a mis au monde un héritier reconnu. Cela suppose qu’à un moment donné, Moose et Gulmanceba vivaient en parfaite
harmonie pour que ces derniers consentent à donner leur fille en mariage au naaba de Boulsa. Mais les mêmes informations montrent qu’au moment du complot, la pog-kêema a bénéficié de la complicité d’assaillants d’origine gourma, qui ne seraient autres que ses proches parents. Autrement dit, le pacte initialement scellé entre Moose et Gulmanceba a été rompu. L’histoire politique montre, en effet, que durant son règne, naaba Namende a mené plusieurs batailles victorieuses, essentiellement contre les Gulmanceba. Ces batailles pourraient avoir constitué plus tard des raisons solides pour les dignitaires du
royaume de Boulsa de remettre en cause le statut de pog-kêema à une femme d’origine gourma dont ils pourraient avoir à se méfier. Par ailleurs, il est à se demander si le but visé par les « deux comploteurs » n’était que l’élimination physique de Namende et pourquoi n’avoir pas eu recours qu’à des assaillants alors qu’il existe d’autres méthodes plus discrètes et efficaces. En effet, l’histoire politique du Moogo est émaillée de récits d’empoisonnement qui
montrent l’efficacité de la pratique, tout comme il est démontré que la médecine moaaga très perfectionnée comportait de nombreux remèdes dont l’essentiel était constitué aussi de poisons. L’hypothèse d’un complot interne associant des complices étrangers paraît peu plausible.

Mais d’une manière générale, l’origine des mères est très déterminante pour les princes héritiers en compétition. Dans un contexte comme celui de Boulsa, un royaume empêtré dans des guerres d’implantation, la candidature d’un prince allié de naissance avec les Gulmanceba ennemis est à l’évidence la moins appropriée dans l’intérêt de la civilisation moaaga. C’est probablement le
caractère plus que dangereux de cette candidature qui constitue la principale justification de la mobilisation généralisée des Moose jusqu’à faire intervenir le Moog-naaba lui-même pour rétablir l’ordre normal des choses. La meilleure façon d’en découdre avec le prince le plus logiquement possible semble avoir consisté à charger le fils des péchés de la mère, lui dont on sait que de droit, il n’attend et ne souhaite que la mort de son père pour être roi. N’échappant pas à cette règle propre aux hommes de son groupe et de son statut, il a de fait fourni l’alibi, le mobile du crime idéal qui devait l’emporter. Autrement dit, le fils aîné
de naaba Namende paraît avoir été victime d’un complot contre sa personne et sa lignée pour être né d’une mère d’origine étrangère. C’est sans doute pourquoi, dans de telles circonstances, son éviction n’a pas été sans conséquences.

CONSÉQUENCES DE LA CRISE SUCCESSORALE
Le soit disant complot contre naaba Namende a eu de multiples conséquences. Ainsi, sur le plan politique, il a instauré une crise interne très profonde et provoqué un déchirement de la monarchie. Il a été à l’origine de l’éclatement de conflits fratricides dont le dénouement a été l’installation d’une nouvelle dynastie à Boulsa et la dispersion des fils de naaba Namende.
D’après les sources orales, à la faveur du changement dynastique, des affrontements directs se sont produits entre, d’un côté, la coalition formée par les princes ennemis et de l’autre, l’armée conduite par le nouveau venu. Mais ce dernier, sans doute fort du soutien du Moog naaba, aurait pu se maintenir contre vents et marrées. Incapables de lutter contre le nouveau venu, les princes ennemis se seraient dispersés dans toutes les directions pour se placer à la
tête de nombreux villages. Il s’agit de Zambanga, Tangui, Zéguédégué, Kobouré, Niega, Bouroum, Nagbingou, Barga, Koupéla, Songretenga,
Andemtenga, etc.
Sur le plan social, la crise n’a sans doute pas manqué d’avoir des retentissements et de provoquer une recomposition du tissus sociale de Boulsa. C’est ainsi que le culte de la haine est, à sa façon, une représentation des types de rapports qu’entretenaient entre eux les nobles et les courtisans à la cour, des rapports qui semblent n’avoir pas laissé place aux sentiments mais aux intérêts personnels. Il
présente aussi le degré d’ingéniosité en matière d’intrigues et de complots au sein de la monarchie. Sur le plan culturel, la crise a rappelé à l’ordre les princes de Boulsa dans leurs rapports avec ceux de Ouagadougou. Naaba Namende étant un ku-rita du Moog-naaba, ses fils et ceux du naaba du Wubr-tenga doivent garder leurs distances comme cela a été rappelé au moment du retour de Kongré dans le Wubr-tenga.
Enfin, l’institution du culte de la haine constitue la conséquence la plus édifiante de ce contexte difficile qu’a traversé la royauté de Boulsa au début de son histoire politique.

CONCLUSION
Cet article a permis de revisiter l’histoire politique de la royauté de Boulsa au moment de sa fondation. Il présente notamment les villages et les peuples qui y vivaient avant les Moose. Il montre aussi les acteurs et leur contribution à la constitution du pouvoir moaaga. Dans ce cadre, les circonstances de la fondation de Boulsa ne diffèrent pas de celles des autres royaumes Moose comme Ouagadougou et Boussouma par exemple, où les anciens occupants
ont contribué aussi à la création et au renforcement des fondements du pouvoir politique.
Mais à Boulsa, il est surtout question, dès le départ, d’une crise politique exceptionnelle avec l’avènement du fondateur. D’après l’étude, l’environnement social et le contexte historique dans lesquels Boulsa a été fondé ont été tels qu’à la mort de naaba Namende, le fondateur de Boulsa et ses fils se sont trouvés dans l’impossibilité de s’entendre pour permettre à l’un d’entre eux de succéder à leur père. Cet environnement social met en relations les Moose et leurs voisins Gulmanceba en alliance d’abord et plus tard en luttes pour leur positionnement respectif dans la zone. Ces luttes qui auraient détérioré leurs rapports et mis à rude épreuve leurs alliances, auraient été également exploitées à des fins politiques par les Moose, qui en auraient profité pour écarter du pouvoir les princes issus des unions entre Moose et Gulmanceba. Le « culte de la haine » institué à Boulsa, qui nous intéresse ici, n’aurait été qu’une conséquence de l’exploitation politique faite du contexte historique et de l’environnement social par les dignitaires de Boulsa, qui auraient bénéficié, pour ce faire, du soutien du Moog naaba dont dépendait le naaba de Boulsa.
Cette réalité de l’histoire politique de Boulsa que nous avons présentée ici n’est pas officielle. Officiellement, la tradition orale semble avoir été tronquée pour des besoins idéologiques au service du pouvoir en place. Cette idéologie transforme l’alliance de départ scellée entre Moose et Gulmanceba et en fait une source de complot fomenté par les Gulmanceba contre la royauté moaaga. Cette étude ouvre ainsi l’une des pages voilées de l’histoire politique de Moose en général, de ceux de Boulsa en particulier. Elle met en évidence la nature des rapports de domination que la royauté de Ouagadougou exerçait sur les petits royaumes comme Boulsa. Cette domination semble avoir été très accentuée sur le plan politique et social comme ici démontré. Elle montre aussi la nature du pouvoir moaaga et la complexité de sa conquête par les princes. Elle démontre si besoin en était, la maturité politique des Moose et leur sens élevé de la gestion
du pouvoir. L’analyse du culte de la haine qui a conduit à jeter un regard intéressant sur la vie politique ne constitue cependant que le résultat d’une première enquête et ne donne qu’un aperçu sur ces questions importantes de l’histoire des Moose. Elle ne prétend avant qu’à attirer l’attention des chercheurs afin que des investigations plus poussées y soient consacrées.

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Rédaction de R. Pageard, Presse africaine, Ouagadougou.

vincent sedogo


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