facebook
meteo
Meteo Ouagadougou

Accueil > Histoire > Le Bassin de la Volta

Le Bassin de la Volta

Comme son ancien nom l’indique (la Haute- Volta), c’est dans ce pays que se forme le
bassin du fleuve Volta, long de 1 600 km jusqu’ä son embouchure dans le golfe de
Guinée, formant notamment le lac Volta au Ghana. Trois affluents du fleuve prennent leur source au Burkina Faso : le Mouhoun ou Vo ta Noire, le Nakambé ou Volta Blanche et le Nazinon ou Volta Rouge.

Le Bassin de la Volta est un bassin transfrontalier partagé par six pays riverains. En 2007, l’Autorité du bassin de la Volta (ABV) a été créé avec pour mandat de fournir des dispositions juridiques et institutionnelles entre les pays riverains pour la gestion des ressources en eau du bassin de la Volta.
L’analyse-diagnostic transfrontalière commandée par l’ABV a mis en évidence cinq grands défis auxquels le bassin est confronté : variations de la quantité d’eau et débits saisonniers, dégradation des écosystèmes, problèmes de qualité de l’eau, gouvernance, et changement climatique. L’ABV a pour mandat principal d’autoriser le développement d’infrastructures et de projets susceptibles d’avoir un impact important sur les ressources en eau du bassin.
Les ressources en eau dans le bassin de la Volta contribuent de manière significative au développement économique des six pays riverains. Ceci est particulièrement vrai dans le cas du Burkina Faso et du Ghana dont le Bassin de la Volta occupe plus de 60% de la superficie.

Les ressources en eau sont utilisées pour la production agricole, l’utilisation domestique de l’eau, l’abreuvement du bétail, et la production hydroélectrique. Les demandes croissantes sur les ressources ont créé une certaine concurrence entre secteurs et entre pays. La construction d’infrastructures hydrauliques de tailles variées et destinées à des fins diverses s’est généralisée au fil des ans. Le changement et la variabilité climatiques, et le développement des zones situées
en amont, ont eu un impact sur la production d’énergie hydroélectrique des barrages d’Akosombo et de Kpong, situés près de l’estuaire de la Volta, et représentant environ 70% de la capacité hydroélectrique installée du bassin.
Le Bassin de la Volta comprend également des écosystèmes d’eau douce fournissant divers services et contribuant à la subsistance des populations locales ainsi qu’aux objectifs plus généraux du bassin au travers d’aliments, de matériaux combustibles et de construction, en participant à la régulation des débits hydriques (réduction des pointes et augmentation des débits de base), et en assurant un habitat à la faune sauvage, comme les oiseaux migrateurs, source d’activités récréatives.

Les infrastructures naturelles comme les infrastructures construites génèrent des bénéfices. Certains, comme l’hydroélectricité, ne sont fournis que par les infrastructures hydrauliques, tandis que d’autres, tels que le traitement de l’eau et la lutte contre les inondations, peuvent être fournis à la fois par les infrastructures naturelles et construites. En outre, les infrastructures naturelles contribuent au bon fonctionnement des infrastructures construites en assurant une certaine quantité
et qualité d’eau. La dégradation des infrastructures naturelles est une préoccupation majeure dans le bassin de la Volta et pourrait affecter les performances des barrages en aval. Par ailleurs, les infrastructures naturelles peuvent se voir affectées par le développement et la gestion des
infrastructures hydrauliques, comme on l’observe en aval du barrage d’Akosombo.
Le futur développement des ressources en eau dans le bassin de la Volta requiert une approche intégrée de développement d’infrastructures hydrauliques et d’investissements dans les infrastructures naturelles, afin d’assurer des bénéfices optimaux sur l’ensemble du bassin.

le bassin de la volta

Le bassin de la Volta est partagé entre six pays d’Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, le Ghana, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Mali, et le Bénin (Figure 2.1). Le bassin couvre environ 400.000 km2 de zones de savanes subhumides et semi-arides. Du nord au sud, ce bassin transfrontalier s’étend environ de 5º30’ de latitude nord, au Ghana, à 14º30’ de latitude nord, au Mali et, dans sa partie la plus large, de 5º30’ de longitude ouest à 2º00’ de longitude est, approximativement (Gordon et al. 2013). Le bassin devient plus étroit vers la côte du Golfe de Guinée. Proportionnellement,
le bassin se répartit à l’intérieur de chacun des six pays riverains ouest-africains de la façon suivante : 43% au Burkina Faso, 42% au Ghana, 6% au Togo, 3% au Bénin, 3% en Côte d’Ivoire, et 3% au Mali (Barry et al. 2005) (Tableau 2.1).

Le bassin de la Volta compte quatre sous-bassins principaux, à savoir (UNEP-GEF Volta
Project 2013 ; Gordon et al. 2013) :
La Volta noire (avec une superficie d’environ 142.056 km2) prend sa source sous le nom de Mouhoun, au Burkina Faso, et draine l’ouest du Burkina Faso,le nord-ouest du Ghana, et une petite partie de la Côte d’Ivoire et du Mali.

La Volta blanche et son principal affluent, la Volta rouge, (avec une superficie d’environ 106.742 km2), prend sa source sous le nom de Nakambe, au Burkina Faso, et draine le nord et le centre du Burkina Faso et du Ghana.

La rivière Oti (environ 72.778 km2), prend sa source sous le nom de Pendjari, au Bénin, et traverse le Togo.

La basse Volta (environ 71.608 km2), consiste en une série de petites rivières qui se jettent directement dans le Lac Volta (le plus grand plan d’eau artificiel du monde créé par le barrage d’Akosombo), ainsi qu’en la portion de fleuve, en aval du barrage de Kpong, qui se jette dans l’océan.

La plupart des eaux de ruissellement arrivent dans le lac Volta, à l’exception du réseau de ruisseaux situés en aval du lac. La Volta se jette dans l’océan Atlantique au niveau du golfe de Guinée, par l’estuaire de la Volta. Le débit moyen annuel à l’estuaire est 40.400 Mm3 an-1(McCartney et al. 2012).

L’altitude moyenne du bassin de la Volta est d’environ 257 m, avec une variation de 0 à 920 m, et plus de la moitié du bassin situé entre 200 et 300 m d’altitude. L’indice de pente globale se situe entre 25 et 50 cm km-2(Moniod et al. 1977).
Le bassin est délimité, à l’ouest, par une série de chaînes de montagnes : les collines d’Akuapem s’élèvent de l’océan en direction du nord est, suivies par les montagnes du Togo, les monts du Fazao, et la chaîne de l’Atakora au Bénin.
Le plateau de Kwahu se ramifie vers le nord-ouest après la gorge d’Akosombo. Le plateau de Banfora, situé dans le bassin de la Volta noire au Burkina Faso, est le seul autre relief significatif dans la partie occidentale du bassin.

De toutes les ressources naturelles du bassin, les ressources en eau constituent l’enjeu principal autour duquel gravite le développement des divers secteurs de l’économie. Malheureusement, cela signifie aussi que l’eau est la ressource autour de laquelle existent le plus de conflits potentiels entre les différents États et parties prenantes. L’eau est utilisée principalement, dans le bassin de la Volta, pour l’irrigation, la production hydroélectrique, la pêche, les usages domestiques, les
utilisations industrielles et minières, le bétail, et le transport.

Contexte historique

Les ressources en eau du bassin de la Volta sont soumises à de fortes pressions du fait des demandes contradictoires des différents pays riverains sur ces ressources (van de Giesen et al. 2001). Des facteurs tels que la croissance démographique et une activité économique accrue ont conduit à la construction généralisée d’infrastructures hydrauliques de mobilisation de l’eau de types et tailles variés dans tout le bassin, et plus particulièrement au Burkina Faso et au Ghana.
Ces installations comprennent des barrages pour la production d’énergie hydroélectrique, des systèmes d’irrigation à grande échelle, des réservoirs pour l’approvisionnement domestique en eau, et nombreux réservoirs de plus petite taille, principalement destinés des fins domestiques et agricoles.

Le barrage d’Akosombo, au Ghana, construit entre 1961 et 1965, et avec une capacité de production installée de 1.020 mégawatts (MW), est la structure humaine la plus importante dans le bassin de la Volta. La construction du barrage a entraîné la formation du Lac Volta, avec une superficie d’environ 8.500 kilomètres carrés (km2
), une capacité de stockage de 148.000 millions de mètres cubes (Mm3), et un temps de séjour moyen de l’eau dans le réservoir de 3,7 ans (Barry et al. 2005). Le lac couvre environ 4% de la superficie totale du Ghana. Le réservoir de Kpong,
avec une superficie d’environ 38 km2 et une capacité de stockage de 2,5 Mm3, fut construit entre 1977 et 1982, en aval du Lac Volta, pour produire 160 MW d’électricité. Le réservoir de Kpong fonctionne en tandem avec Akosombo comme un système au fil de l’eau. Le barrage de Bui, avec une superficie de 440 km2et une capacité de stockage de 12.350 Mm3, a été achevé en 2013 pour fournir 400 MW d’électricité. La production d’énergie hydroélectrique des barrages d’Akosombo, de Kpong, et de Bui couvre la plupart des besoins en électricité du Ghana, bien que la proportion exacte varie d’une année à l’autre en fonction de la quantité d’eau présente dans les barrages.

Huit autres projets de centrales hydroélectriques sont à l’étude dans la partie ghanéenne du bassin de la Volta et devraient se situer à : Juale, sur la rivière Oti ; Pwalugu, Daboya et Kulpawn, sur la Volta blanche ; et Koulbi, Ntereso, Lanka et Jambito, sur la Volta noire (McCartney et al. 2012).
L’ensemble de ces projets permettraient un stockage direct supplémentaire de 23.000 Mm3, et devraient générer 502 MW supplémentaires d’électricité.
Le lac de Kompienga, au Burkina Faso, a été créé suite à la construction de la centrale hydroélectrique de Kompienga, en 1989, sur la rivière Oualé (unaffluent de la rivière Oti). Le lac a une capacité de stockage de 2.025 Mm3, et génère 14 MW d’électricité. Le barrage de Bagré, au Burkina Faso, avec un volume de stockage total de 1.700 Mm3, a été achevée en 1994 sur la rivière Nakambe (Volta blanche) pour générer de 16 MW d’électricité. L’énergie hydraulique de ces deux barrages couvre environ 12,7 % des besoins en électricité du Burkina Faso.

Les installations hydroélectriques à l’étude au Burkina Faso devraient se situer à : Samendeni, Bonvalé, Bontioli, Bon, Noumbiel et Gongourou, sur la Volta noire ; Bagré Aval et Bandongo, sur la Volta blanche ; et Arli, sur la rivière Oti (McCartney et al. 2012). Ces barrages devraient générer un total de 146 MW supplémentaires d’électricité. Le Bénin possède une centrale hydroélectrique sur l’Oti, le barrage de Batchanga, avec une capacité de stockage de 350 Mm3 et une capacité de production de 15 MW d’électricité (Barry et al. 2005).
Le développement de l’irrigation au Ghana a commencé il y a environ un siècle, bien que les efforts intenses d’irrigation n’aient débuté que dans les années 1960. Depuis les débuts de l’irrigation et jusqu’en 1980, environ 19.000 hectares (ha) de terres ont été irrigués. En 2007, la zone irriguée s’étendait sur 33.800 ha (Namara et al. 2011). Elle est restée pratiquement inchangée jusqu’à aujourd’hui. Parmi les terres irriguées, un peu moins de 9.000 ha ont été développés par le gouvernement du Ghana, le reste ayant été développé par le secteur privé. Il
existe 22 systèmes publics d’irrigation au Ghana, dont 15 dans le bassin de la Volta (annexe 1). Le potentiel d’irrigation du Ghana oscille entre 0,36 et 2,9 millions d’hectares (Mha) selon le degré de maîtrise de l’eau (Namara et al. 2011). D’autres aménagements hydro-agricoles sont à l’étude, pour une superficie totale de 42.800 ha, incluant le projet d’Irrigation des plaines d’Accra d’environ 11.000 ha (MOFA 2013 ; McCartney et al. 2012).
Au Burkina Faso, il n’existe que peu de systèmes publics d’irrigation à grande échelle en fonctionnement. La superficie irriguée est actuellement estimée à 24.543 ha, et des projets en cours ajouteront bientôt 12.800 ha supplémentaires (McCartney et al. 2012). Aucun des quatre autres pays ne dispose de grand système d’irrigation dans le bassin de la Volta, même si le Togo envisage de développer deux de ces systèmes sur l’Oti, pour une superficie irriguée totale d’environ 2.600 ha. Le plein potentiel de la plupart des projets d’irrigation n’a pas été réalisé et les systèmes sont souvent mal gérés. Outre les systèmes publics, de nombreux systèmes d’irrigation privés existent dans l’ensemble du bassin. Bien que les chiffres exacts ne soient pas disponibles,
la plupart sont de petite taille.Les petits réservoirs et étangs artificiels, communs dans la partie nord du bassin, sont largement utilisés pour l’abreuvement du bétail et, parfois, pour l’irrigation de petits (0,4 à 1 ha) potagers (Johnston et McCartney 2010). Le Burkina Faso est l’un des pays d’Afrique de l’ouest
présentant la plus forte densité de petits réservoirs, et une demande continue de construction de nouveaux réservoirs (Leemhuis et al. 2009).

Au Burkina Faso, la plupart de petits réservoirs ont été construits entre 1974 et 1987, en grande partie en réponse aux sécheresses du Sahel du début des années 1970 et 1980 (Venot et al. 2012 ; Sally et al. 2011). A l’époque coloniale, les britanniques construisirent de petits barrages dans le nord du Ghana afin de maintenir la production toute au long de l’année. Des investissements considérables ont également été faits dans le développement de petits réservoirs après l’indépendance, dans les années 1960 (Venot 2011). La construction de réservoirs a ralenti dans les années 1970 et 1980, au Ghana, en faveur de systèmes publics d’irrigation à moyenne et grande échelles (Venot et al. 2011). Il y avait plus de 1.700 petits réservoirs et étangs artificiels au Burkina Faso en 2009 (Andreini et al. 2009), et plus de 1.000 au Ghana (Venot et al. 2012), bien que beaucoup ne fonctionnent pas efficacement (Venot 2011).

Les eaux souterraines sont utilisées par environ 56% des communautés rurales au Ghana, même si cette proportion est plus élevée dans certaines régions (78% dans la région du nord-ouest par exemple) (CSIR-WRI 2009). Elles jouent également un rôle important dans l’approvisionnement en eau de certaines zones urbaines dans le bassin, notamment dans les régions nord-est et nord-ouest du Ghana, où l’approvisionnement en eau de plus de 80% de la population urbaine provient de nappes souterraines (Martin et van de Giesen 2005). Plus de 80% des eaux souterraines prélevées dans le bassin sont utilisés pour la consommation et autres usages domestiques (Johnston et McCartney 2010).
On recensait un total de 18.676 forages équipés de pompes à main dans le bassin de la Volta en 2001, dont 7.285 au Ghana, et 11.391 au Burkina Faso, respectivement (Martin et van de Giesen 2005).Les pays riverains du Bassin de la Volta sont fortement tributaires de ses ressources en eau pour leur développement socio-économique. Pour éviter ou limiter une mauvaise exploitation des ressources du bassin de la Volta, l’Autorité du bassin de la Volta (ABV) a été créée pour diriger et coordonner une gestion appropriée des ressources en eau sur l’ensemble du bassin. Une description de l’ABV et de ses fonctions se trouve dans la section 2.3.

Administration et politiques

De nombreuses institutions, dans les différents pays riverains, sont chargées de la gestion des terres et des ressources en eau dans le bassin de la Volta, résultant parfois en des responsabilités mal définies. La coordination des activités entre institutions est généralement limitée et ne se produit, dans certains cas, que de façon ad-hoc, principalement pendant les situations de crise. Les lois et règlementations en matière de gestion des terres et des ressources en eau sont généralement faibles et inefficaces, et lorsqu’elles sont adéquates, elles ne sont pas respectées ou appliquées, en raison d’un manque de capacités institutionnelles ou d’engagement politique. Les connaissances sur les ressources naturelles, le rythme de leur détérioration, et les conséquences à venir sont limitées, contribuant vraisemblablement au faible engagement politique des gouvernements.
L’administration des ressources du bassin se fait généralement à échelle transfrontalière, nationale, à échelle des sous-bassins, et au niveau communautaire.

Cadre de gouvernance transfrontalière de l’eau
Par le passé, chaque pays riverain du bassin de la Volta gérait ses ressources de façon indépendante. La coopération entre pays riverains pourrait remonter à l’époque coloniale, bien qu’aucune grande initiative n’ait été conjointement entreprise par les principales puissances occupantes (Grande Bretagne, Allemagne et France). Après l’indépendance du Ghana et du Burkina Faso, les deux pays (ainsi que les autres pays riverains) ont continué à développer leurs propres agendas de
gestion de l’eau, ne montrant que peu d’intérêt pour les conséquences de ces programmes au-delà de leurs frontières. Entre 1957 et 1996, il n’existait que deux accords internationaux concernant les eaux de la Volta, et aucun n’intégrait efficacement les plans de gestion de l’eau ou de développement des pays riverains. En 1962, un accord fut signé par le Togo et le Bénin pour acheter de l’électricité (produite par le barrage d’Akosombo) au Ghana (Garané, 2009). En 1973, un accord international fut signé par les six pays riverains afin de contrôler la propagation de l’onchocercose dans le bassin (UN 1984).

Le bassin de la Volta est resté, pendant de nombreuses années, l’un des rares grands bassins fluviaux transfrontaliers d’Afrique ne possédant pas de cadre juridique ou institutionnel formel entre ses pays riverains quant à la gestion de ses ressources. La coopération autour des eaux de la Volta a été en grande partie initiée et conduite par les bailleurs de fonds internationaux, en particulier la Banque mondiale, pour satisfaire aux conditions de prêt. Ainsi, le premier accord
sur l’utilisation des eaux de la Volta fut signé entre le Ghana et le Burkina Faso en 1996, et résultait d’une demande de « non-objection » du Burkina Faso au Ghana concernant un système d’approvisionnement en eau : le barrage de Ziga, sur la Volta blanche, au Burkina Faso. Cette « non-objection » était une condition imposée par les financiers du projet et non une prise de conscience, de la part du Burkina Faso, de la nécessité de coordonner l’utilisation de ressources en eau partagées (MWH, 1998b).
Garané (2009) rapporte aussi qu’à la fin des années 1990, une pression croissante sur les ressources naturelles de la région, en particulier sur l’eau, et des tensions liées aux conséquences accrues des inondations et au faible niveau du barrage d’Akosombo, mit en évidence la nécessité d’une approche coordonnée et d’une collaboration plus étroite dans la gestion des ressources du bassin. Ceci rapprocha les six pays riverains qui, avec le soutien des partenaires internationaux,
décidèrent d’une série d’initiatives techniques et politiques, qui entraîneraient :

• La création du Comité technique du bassin de la Volta, visant à préparer à la mise en place d’une Organisation du bassin de la Volta (mars 2004).
• La signature, par les Ministres en charge des ressources en eau dans les pays riverains, d’un protocole d’accord visant à créer une Autorité du bassin de la Volta (ABV) (décembre 2005).
• L’approbation de la convention et des statuts de l’ABV par ces mêmes Ministres,
établissant son siège à Ouagadougou, et une direction générale par intérim (juillet 2006).
• La signature de la Convention de l’ABV lors la première Assemblée des Chefs d’État (janvier 2007). En janvier 2015, tous les États riverains, à l’exception de la Côte d’Ivoire, avaient ratifié la Convention de l’Autorité du bassin de Volta.
• La signature des statuts de l’ABV lors de la première réunion du Conseil des Ministres (novembre 2007).
• L’entrée en vigueur de la convention de l’ABV (août 2009).
(Source : http://www.abv-volta.org/about/historique, consulté le 07/01/2015).
Conformément à l’article 6 de la Convention relative au statut du fleuve Volta et à la création de l’ABV, le mandat de l’Autorité est de :
• Promouvoir des outils de concertation permanente entre les Parties prenantes en vue du développement du bassin.
• Promouvoir la mise en œuvre d’une gestion intégrée des ressources en eau et la répartition équitable des bénéfices résultant de leurs diverses utilisations.
• Autoriser le développement d’infrastructures et de projets par les Parties prenantes, susceptibles d’avoir un impact considérable sur les ressources en eau du bassin.
• Développer des projets et des travaux conjoints.
• Contribuer à la lutte contre la pauvreté et au développement durable des Parties prenantes dans le bassin de la Volta, pour une meilleure intégration socio-économique de la sous-région.

Les organes statutaires de l’Autorité sont :
• L’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernement.
• Le Conseil des Ministres en charge des ressources en eau.
• Le Forum des Parties impliquées dans le développement du bassin de la Volta.
• Le Comité des experts.
• La Direction Exécutive de l’Autorité.

Afin d’assurer une coopération internationale efficace, l’ABV a mise en place, en plus de ses organes statutaires, un Groupe consultatif de partenaires techniques et financiers dont l’objectif principal est de promouvoir la complémentarité dans l’assistance technique et financière à l’ABV.
Avec moins de 10 ans d’existence, l’ABV s’est concentrée jusqu’ici sur le renforcement du cadre institutionnel, et sur la réalisation d’une analyse-diagnostic transfrontalière (UNEP-GEF Volta Project 2013). La gestion concertée du bassin de la Volta a donc pris un certain retard, en comparaison avec de nombreux autres bassins d’Afrique de l’Ouest, notamment les bassins du Sénégal et du Niger bénéficiant d’autorités de bassin établies depuis des décennies.

Cadres de gouvernance nationale de l’eau
Chaque pays riverain a mis en place une série de politiques, lois, et institutions concernant la gestion durable des ressources en eau. Chacun opère dans un contexte politique et administratif différent, notamment en raison de l’influence des anciennes puissances politiques dirigeantes :
le Ghana a hérité du système administratif britannique, alors que les cinq autres pays riverains évoluent sur la base d’une tradition française. Les cadres de gouvernance de l’eau au Ghana et au Burkina Faso sont décrits ci-dessous.

Ghana
Lorsque le Ghana a obtenu son indépendance (1957), diverses institutions ont été créées pour gérer les ressources en eau du pays. La première de ces institutions fut la Volta River Authority (Autorité du fleuve Volta / VRA), en 1961, avec pour mandat de produire de l’énergie électrique et d’assurer la maintenance du réservoir de la Volta. La principale institution suivante fut la Ghana Water and Sewerage Corporation (Compagnie des eaux et de l’assainissement du Ghana, GWSC), en 1965, chargée de l’approvisionnement, la distribution, et la protection des ressources en eau du pays, à des fins publiques, domestiques et industrielles. La GWSC devint prioritaire par
rapport aux autres autorités en charge de l’eau, bien que la VRA ait maintenu ses droits exclusifs sur le Lac et le fleuve Volta (Mensah 1999 ; MWH 1998b). La Ghana Irrigation Development Authority (Autorité pour le développement de l’irrigation au Ghana / GIDA) fut créée en 1977 pour développer les réseaux d’irrigation pour l’agriculture, l’amélioration de l’élevage, et la pisciculture. Pour pallier au manque ou à l’absence totale de coopération entre la GIDA, la VRA et la GWSC (Mensah 1999 ; MWH 1998a, 1998b), un organisme chapeau, la Water Resources Commission (Commission des ressources en eau / WRC), fut créé en 1996.

Ministère des ressources en eau, des travaux et du logement
La gestion des ressources en eau est actuellement sous la juridiction du Ministère des ressources en eau, des travaux et du logement. Le mandat de ce ministère en ce qui concerne les ressources en eau est mis en œuvre par des agences établies sous son autorité, telles que WRC, Ghana Water Company Limited (Compagnie des Eaux du Ghana / GWCL), Community Water and Sanitation Agency (Agence communautaire de l’eau et de l’assainissement / CWSA), et le Département des services hydrologiques (HSD).

Water Resources Commission (Commission des ressources en eau / WRC)
La WRC est créée par une loi du Parlement (Loi 522 de 1996) pour pallier à la dispersion des fonctions et de l’autorité dans le secteur des ressources en eau. La commission se compose de 15 membres dont un président, un secrétaire exécutif, un chef, et deux autres personnes, dont une femme. Les autres membres sont des représentants des institutions suivantes : Ghana Water Company Limited, Organisations de production d’eau potable, Département des services
hydrologiques, VRA, GIDA, Institut de recherche sur l’eau, Agence météorologique du Ghana, Agence de protection de l’environnement, Commission des forêts,et Commission des minéraux.La WRC a pour mandat de réglementer et de gérer l’utilisation des ressources en eau, et de coordonner les politiques gouvernementales associées. La WRC représente le Ghana auprès de ses homologues dans les pays riverains lors de questions transfrontalières, avec l’appui des Conseils
d’administration de bassins ayant pour mission de mettre en œuvre les fonctions de la WRC à échelle de ceux-ci. Les Conseils d’administration de bassins coordonnent les questions liées aux ressources en eau dans les sous-bassins du Ghana. Ces conseils ne sont pas liés à des limites administratives mais hydrologiques. Actuellement, dans le bassin de la Volta, il n’existe qu’un seul Conseil pour le bassin de la Volta blanche, qui couvre également la Volta noire et l’Oti.

Le Conseil de bassin de la Volta blanche est composé de représentants des institutions suivantes : un président nommé par la WRC, un deuxième représentant de la WRC, et un représentant de chacune des institutions suivantes : chacune des huit Assemblées de district, Conseil de coordination de la région du nord-est, Ministère de l’alimentation et l’agriculture, Ministère de la condition féminine
et de la protection sociale, Agence de protection de l’environnement, Agence communautaire de l’eau et de l’assainissement, Institut de recherche agricole sur la savane, Maison régionale de chefs, et Organisations non gouvernementales.

Ghana Water Company limited (Compagnie des eaux du Ghana / GWCl)
GWCL a été créé en 1999, suite à la conversion de la Ghana Water and Sewerage Corporation (GWSC - créée en 1965) en une société anonyme appartenant à l’État. GWCL est en charge de l’approvisionnement en eau potable des villes de plus de 20.000 habitants.

Community Water and sanitation agency (agence communautaire de l’eau et de
l’assainissement / CWsa)

La CWSA est la principale agence gouvernementale, à échelle régionale, chargée de l’approvisionnement en eau potable et des services d’assainissement dans les collectivités rurales et les petites villes. La CWSA a été séparée de la GWSC (aujourd’hui GWCL), pour être placée sous l’autorité du Programme national communautaire pour l’eau et l’assainissement (NCWSP), lancé en 1994. Au niveau des districts et des communautés, la CWSA est assistée par les Equipes eau et
assainissement des districts (DWST), et par le Comité sur l’eau et l’assainissement (WATSAN), pour mettre en œuvre son mandat au niveau local.

Département des services hydrologiques
Le Département des services hydrologiques est une agence chargée de la programmation et de la coordination des travaux de protection du littoral, de la construction et de l’entretien des réseaux d’eau pluviale dans tout le pays, et du suivi et évaluation des plans d’eau de surface pour ce qui est des inondations.

Autres organismes gouvernementaux et parapublics
Outre le Ministère des ressources en eau, des travaux et du logement, le Ghana possède d’autres agences publiques et parapubliques jouant un rôle important dans le développement et la gestion des ressources en eau, telles que : GIDA, Ministère des Pêches et du développement de l’Aquaculture (MFAD) / Commission des Pêches, Ministère des pouvoirs locaux et du développement rural, Ministère de la santé / Service de la santé du Ghana, Agence de protection
de l’environnement (EPA), VRA, Commission des forêts, Commission des minéraux, Autorités traditionnelles, Equipes eau et assainissement des Districts, instituts de recherche, organisations donatrices, organisations non gouvernementales, et organismes de recherche internationaux.

Volta River authority (autorité du fleuve volta / vRa)
La VRA, grâce à la construction d’un barrage et à la création d’un lac / réservoir, est responsable de la production, du transport et de l’approvisionnement / distribution de l’énergie électrique à usage industriel, commercial et domestique au Ghana et dans les pays voisins. La loi 46 enjoint également la VRA à gérer les ressources en eau du lac Volta afin de promouvoir le tourisme, les transports lacustres, l’irrigation, la pêche en eaux intérieures, et l’aquaculture (cages/enclos en filets).
Dans le cadre des efforts pour encourager la participation du secteur privé dans le secteur de l’énergie, l’amendement de la loi sur le développement du fleuve Volta (Volta River Development Act) de 2005 (loi 692) redéfini le mandat de la VRA. La composante de transport énergétique de son mandat original a été confié à un société nationale de gestion du réseau électrique : la National Grid Company (GRID Co.). La VRA se concentre maintenant exclusivement sur la production d’électricité.

Autorité pour le développement de l’irrigation au Ghana (GIDa)
L’irrigation a débuté, au Ghana, au début des années 1960, sous le contrôle de l’Unité d’aménagement du territoire et de conservation des sols du Ministère de l’agriculture. L’Autorité de développement de l’irrigation (IDA) fut créée en 1977 en vertu du décret SMC 85. L’Autorité est entièrement détenue et financée par le gouvernement du Ghana. Elle est principalement chargée de l’identification de possibles projets d’irrigation, et peut être impliquée, dans certains cas, dans la gestion et l’entretien des systèmes d’irrigation.

Associations des usagers de l’eau (WUas)
Les WUAs sont responsables de petits réservoirs développés pour les communautés, et sont généralement constitués d’irrigants, de pêcheurs, et de propriétaires de bétail. Dans la plupart des cas, les irrigants sont aussi des pêcheurs et / ou des propriétaires de bétail. L’exécutif est élu par les membres, et chargé de veiller à :
• La protection du réservoir, des surfaces irrigables, et des zones situées en amont du réservoir pour prévenir l’envasement.
• La distribution de l’eau d’irrigation et le contrôle des vannes.
• L’entretien du barrage, des vannes, des canaux, et des drains.
• La collecte des taxes sur l’eau pour l’entretien du système.
• La résolution des conflits.
La GIDA assure souvent le contrôle et l’entretien des ouvrages de captage et dérivation, des
pompes, des canaux primaires et autres grandes structures.

Burkina Faso

La première institution de gestion de l’eau au Burkina Faso (Haute-Volta) fut la Société coloniale de l’énergie, créée en 1954 pour gérer le développement et la répartition d’énergie et d’électricité.
Elle a depuis été rebaptisée en Société nationale de l’eau, puis en Office national de l’eau. En 1965, la Direction de l’hydraulique et de l’équipement rural (DHER) fut ensuite créée, afin de développer l’approvisionnement en eau à usage domestique (MEE 2001). L’Office national des barrages et de l’irrigation (ONBI) fut ensuite créé en 1976, dans le but d’exploiter le potentiel d’irrigation du pays. Plusieurs instituts de recherche sur l’eau ont aussi été créés, mais comme au Ghana, la gestion de l’eau au Burkina Faso souffre d’un manque de coordination. Après les sécheresses des années 1970, les politiques de l’eau au Burkina Faso se sont orientées vers un
approvisionnement de base pour tous et la réduction de la vulnérabilité lors des périodes de faibles précipitations (MEE 2001). Les structures institutionnelles actuelles de gestion des ressources en eau sont décrites ci-dessous.

Ministère de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques
La gestion des ressources en eau est sous la juridiction du Ministère de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques, créé en 2002 en substitution de l’ancien Ministère de l’environnement et de l’eau. Le mandat de ce ministère en matière de gestion des ressources
en eau est mis en œuvre par les directions et organisations suivantes.
• Direction générale pour l’inventaire des ressources hydrauliques (DGIRH)– responsable de la collecte, du traitement, et de l’évaluation de données hydrométriques, ainsi que de toutes les données concernant les activités et interventions liées à l’eau au Burkina Faso. Sa mission générale est d’assurer le développement, la coordination et l’application des politiques pour l’approvisionnement en eau potable, l’approvisionnement en eau à usage agricole, et la protection des ressources en eau nationales.
• Direction générale des ressources en eau (DGRE)– sa mission consiste à mieux gérer les ressources en eau, et à mettre en place un système d’information adéquat.
• Direction générale des ressources halieutiques (DGRH)– en charge de l’exploitation durable des ressources halieutiques du pays et d’une gestion efficace de l’industrie de la pêche. Elle est également chargée de préserver et de protéger les écosystèmes aquatiques.
• Direction générale du génie rural (DGGR) – responsable de la conceptualisation des politiques nationales sur l’eau, elle coordonne aussi leur mise en œuvre et application dans les domaines de l’hydrologie agricole et pastorale, et l’exploitation et la protection des ressources en eau pour la production agricole, pastorale et pour la pêche.
• Direction régionale de l’agriculture, de l’hydrologie et des ressources halieutiques
(DRAHRH)– responsable de la coordination des Directions provinciales de l’agriculture, de l’hydrologie et des ressources halieutiques (DPAHRH) qui mettent en œuvre les activités de développement à échelle provinciale.

Comité de gestion de bassin (CGb)
Le Comité de gestion de bassin est un organe de concertation et de décision. Sa composition, sa structure et ses fonctions sont spécifiées par directive réglementaire. Le Comité de gestion de bassin a pour mission :
• L’identification et l’évaluation des ressources en eau dans le bassin ;
• Le recrutement des opérateurs nécessaires à une gestion coordonnée des ressources en eau ;
• L’identification, la prévention et la résolution d’éventuels litiges pouvant résulter du
partage des ressources en eau avec le Ghana.
• L’identification des questions relatives aux ressources en eau du bassin et l’information des autorités compétentes.Le Comité de gestion de bassin est composé d’une représentation à parts égales des organisations suivantes :
1. Représentants des utilisateurs
2. Représentants des communautés locales
3. Représentants de l’Etat

Agence de bassin
L’Agence de Bassin est une institution publique dotée d’autorité juridique et d’autonomie financière pour la gestion de l’eau à échelle du bassin. Sa composition, ses domaines de compétence, sa structure et son fonctionnement sont définis par la loi. L’Agence de bassin a une mission générale d’intervention technique et économique, de suivi et de contrôle des ressources en eau dans les zones tributaires, et de gestion des usagers de l’eau et de leur impact. L’Agence
de bassin est l’organe exécutif de mise en œuvre des décisions prises par les Comités de gestion des bassins, qui ont une tâche plus administrative. Les tâches spécifiques d’une agence de bassin sont les suivantes :
• Mise en œuvre et supervision des projets de Schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE), et de Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).
• Coordination de la mise en œuvre des SDAGE et SAGE.
• Interventions économiques par le biais des contributions financières des utilisateurs de l’eau, et appui aux propriétaires publics et privés.
• Conseils techniques (conseil, expertise, communication, formation technique pour les propriétaires).
• Diffusion d’information auprès des utilisateurs du bassin sur l’utilisation de l’eau et de l’environnement naturel.
• Activités de soutien à toutes les commissions du Comité de gestion du bassin.
• Résolution des conflits et attribution des subventions.
• Participation à la gestion des eaux partagées.

Comités locaux de l’eau (Cle)
Selon l’importance des problèmes liés au développement et la gestion des sous-bassins, des aquifères, des rivières, des agglomérations urbaines, et des réseaux de distribution, des CLE sont formés pour assurer la conformité aux SDAGE. La composition, la structure et la fonction des CLE sont définies par la loi.

Conseil national de l’eau (CNe)
Le CNE est une unité de consultation établie au niveau nationalpour la gestion de l’eau. Il réunit l’Etat, les collectivités locales, le secteur privé, et les différentes composantes de la société civile.
L’objectif principal du CNE est de favoriser une concertation dans le secteur de l’eau, de façon permanente, structurée, et productive, entre tous les acteurs. Cette approche diffère de l’approche habituelle dans laquelle l’État informe simplement les autres acteurs des développements prévus dans le secteur de l’eau. Le CNE est consulté sur les questions nationales liées à l’eau, notamment sur le Plan d’action pour la gestion intégrée des ressources en eau (SDAGE, SAGE), les programmes d’intervention des agences de bassin, les lois et règlements principaux dans le
domaine de l’eau ou ayant un impact important sur l’eau, ainsi que pour toute autre question dans le domaine de l’eau soumise par le gouvernement, ou dont le CNE se saisit directement. Le Conseil met en œuvre ses activités par l’intermédiaire de son secrétariat permanent (Comité de pilotage du PAGIRE), sous tutelle du cabinet ministériel chargé des questions de l’eau.

Comité technique de l’eau (CTe)
Le Comité technique de l’eau est chargé de proposer des options fondamentales de développement des ressources en eau. Il se compose d’un organe administratif qui coordonne les politiques sectorielles des différents ministères. Cet organe est composé des secrétaires généraux ministériels (ou de leurs représentants) en charge de l’eau, de la santé, de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la foresterie, de l’environnement, de l’urbanisme et du logement. Ce cadre permet à
l’Etat d’avoir une approche harmonisée sur les questions de l’eau au sein du Conseil national de l’eau.

Office national de l’eau et de l’assainissement (ONea)
L’ONEA est une agence du gouvernement ayant pour mission de créer et de gérer les infrastructures d’eau potable dans les zones urbaines et périurbaines. L’ONEA agit sous tutelle administrative de la Direction de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement (DAEPA). Il est partiellement privatisé et soutenu par GTZ et KfW.

Office national des puits et des forages (ONPF)
Le mandat de l’ONPF est de fournir de l’eau potable dans les zones rurales dans l’ensemble du pays.

Autres organismes gouvernementaux et parapublics
D’autres institutions publiques et parapubliques existent dans le domaine de la gestion des ressources hydriques, telles que : le Fonds de l’eau et de l’équipement rural (FEER), l’Autorité de mise en valeur de la vallée du Sourou (AMV), la Maîtrise d’ouvrage de Bagré (MOB), la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL), les Autorités traditionnelles, les instituts de recherche, les organisations donatrices, les organisations non gouvernementales, et les projets de recherche internationaux.

Défis actuels

Suite à la mise en place de l’ABV, le Fonds pour l’environnement mondial et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-FEM) ont entrepris un projet de six ans dans le cadre du Programme d’action stratégique (SAP), afin de répondre aux préoccupations transfrontalières dans le bassin de la Volta et dans les zones côtières en aval. Ce projet a pris fin en décembre 2013.
L’analyse-diagnostic transfrontalière du bassin de la Volta (TDA) a identifié trois grands groupes de problèmes transfrontaliers, et deux préoccupations prioritaires. Les problèmes transfrontaliers concernent les variations de la quantité d’eau et les débits saisonniers, la dégradation des écosystèmes, et les préoccupations liées à la qualité de l’eau. La gouvernance et le changement climatique sont des préoccupations transversales de priorité majeure. Une brève description de ces problèmes transfrontaliers est présentée dans les sections ci-dessous, et une analyse détaillée des causes, impacts environnementaux, et conséquences socio-économiques est disponible dans le projet Volta du PNUE-FEM (UNEP-GEF Volta Project 2013).

Variation de la quantité d’eau et débits saisonniers
Les variations de la disponibilité en eau dans le bassin engendrent des impacts socio-économiques et culturels. La plupart des rivières du bassin présentent de grandes variations saisonnières et / ou temporelles dans les conditions naturelles. Beaucoup sont naturellement à sec pendant de longues périodes, et des inondations se produisent de façon naturelle. Cependant, des changements dans le volume global disponible, et dans la répartition temporelle et saisonnière de la disponibilité
en eau ont été observés par le passé. Des changements dus à la pression démographique et à l’utilisation de l’eau à des fins agricoles, industrielles, et pour la production d’électricité, ont également été observés (Gordon et al. 2013). Les pénuries d’eau sont devenues plus intenses et moins prévisibles, au cours des dernières décennies. Il est à prévoir que le changement climatique aggravera encore cette situation, en affectant la pluviométrie, en augmentant les températures, et
en affectant les ressources en eau de façon disproportionnée (Roudier et al. 2014).

Dégradation des écosystèmes

érosion côtière en aval du bassin de la volta
L’écosystème côtier autour de l’embouchure de la Volta dépend de l’approvisionnement en eau par le fleuve, de la qualité de l’eau entrante, et de son approvisionnement en sable et autres éléments nutritifs provenant de la plage. Ces facteurs ayant été modifiés par les changements environnementaux et les activités humaines, en particulier la construction du barrage d’Akosombo,
l’écosystème a également changé. Suite à ces changements, le Ghana et le Togo ont connu de graves problèmes d’érosion côtière, en différents points de leur littoral. Les zones les plus affectées et les plus connues à échelle internationale se situent dans l’estuaire de la Volta, principalement à Ada (où la Volta se jette dans l’océan Atlantique) et à Keta (et son extension vers Lomé, au Togo). L’océan ronge entre 1,5 et 2 m des 560 km de côte du Ghana chaque année, et jusqu’à 4 m à Ada Foah et à l’est de Keta (Appeaning-Addo 2009). En 2009, les vagues ont recouvert un
kilomètre de route goudronnée environ, le long de la zone côtière de Keta, affectant plusieurs villages, tous situés à environ 100 mètres du bord de mer.

Espèces aquatiques envahissantes
La présence de plantes aquatiques envahissantes est un problème croissant dans le bassin de la Volta. Le phénomène est particulièrement préoccupant dans certains des affluents du lac Volta, de l’Oti, de la Pendjari et de la Basse-Volta. Ces espèces envahissantes colonisent, modifient, et peuvent même dominer les écosystèmes aquatiques naturels, et porter atteinte à leur fonctionnement. La rivière Mou, un affluent de la Volta noire au Burkina Faso, a été colonisée par Eichhornia crassipes(jacinthe d’eau) (Petr 2000). Certaines zones du Bassin de la
Volta au Ghana (en particulier autour de Kpong), au Bénin, et au Togo, sont également témoins d’une prolifération de plantes aquatiques envahissantes telles que Pistia stratiotes(laitue d’eau), Salvinia molesta(salvinia géante ou herbe de Kariba) et, surtout la jacinthe d’eau. Dans certains endroits, la laitue d’eau se mêle à Scirpus cubensis(scirpe cubaine). Dans le fleuve Volta et son système lacustre, Vossia cuspidate(herbe à hippopotame), poussant au bord de l’eau, a augmenté de façon alarmante au fil des années. Dans certaines zones, elle forme de grandes îles flottantes qui gênent le transport fluvial et la pêche (Petr 2000). D’autres plantes aquatiques envahissantes telles que Neptunia oleracea (mimosa d’eau), Cyperus papyrus (papyrus), Limnocharis flava(limnocharis jaune) ou Azolla africana(fougère d’eau) ont aussi été observées. Pistia stratiotes est également fréquente dans les étangs et lagunes du bassin, ainsi que dans les mangroves. Typha australis(scirpe ou quenouilles), est présente dans presque toutes les zones du bassin, et colonise
généralement les étangs marécageux (UNEP-GEF Volta Project 2013).

Perte des sols et de la couverture végétale
La dégradation des terres dans le bassin de la Volta englobe la dégradation des sols, l’érosion intense, et la désertification. La population du bassin est fortement dépendante des terres disponibles dans la région pour la production agricole et l’élevage de subsistance, conduisant à la fois à des défis environnementaux et économiques. Cependant, les statistiques sur la perte des sols et la couverture végétale dans le bassin de la Volta sont rares.
Les ressources forestières dans le bassin de la Volta ont subi une importante dégradation au cours des dernières décennies, conduisant à des pertes considérables de couverture végétale. Au Togo, sur l’ensemble du pays, le couvert forestier disparaît à un rythme annuel de 15.000 ha an

  • 1(UNDP 2006). Les étendues de végétation naturelle ont diminué de 43 à 13% de la superficie totale du bassin au Burkina Faso entre 1965 et 1995, alors que les surfaces cultivées sont passées de 53 à 76%, et les zones de sol nu ont presque triplé, passant de 4 à 11% (Droogers et al. 2006).
    Sur l’ensemble de la Côte d’Ivoire, la couverture forestière a été estimée à 14,5 Mha en 1.900, 9 Mha en 1965, et 2,5 Mha en 1992 (Oszwald 2005). L’Evaluation des ressources forestières mondiales de 2010 a révélé que le Ghana a perdu 2% (135.000 ha) de sa forêt, chaque année, entre 1990 et 2000 (FAO 2010). La Commission forestière du Ghana estime le taux de déforestation du pays à 65.000 ha an-1(Opoku et al. 2005).

Augmentation de la sédimentation dans les cours d’eau
L’apport en sédiments dans le bassin de la Volta provient de l’érosion des sols agricoles, des pentes de collines, et des implantations humaines. Les facteursinfluençant la charge en sédiments des fleuves incluent les diverses utilisations des terres, ainsi que certaines pratiques culturelles ayant lieu dans la région. La sédimentation altère le cours des rivières du bassin de la Volta, et
les dépôts de sédiments ont un effet direct sur la durée de vie et la capacité de stockage des petits réservoirs et des barrages. Malheureusement, en raison du manque de soutien logistique à des activités systématiques d’échantillonnage, les données sur le niveau de sédiments dans les pays riverains sont limitées. Au Ghana, le taux annuel moyen spécifique de sédiments en suspension dans les sous-bassins de l’Oti, la Volta blanche, et la Volta noire, est de 63,26, 32,56, et 28,05 t km-2an

  • 1, respectivement (Akrasi 2011).

Préoccupations liées à la qualité de l’eau
La qualité de l’eau ne représente pas un problème important ou généralisé, même si certains sites, près de grands sites industriels, et zones urbaines ou minières, peuvent localement présenter certains problèmes. Le problème principal des eaux de surface est la détérioration de la qualité de l’eau en raison de la présence de phosphates et de nitrates issus de l’agriculture (UNEP-GEF Volta Project 2013). Cette détérioration est généralement plus élevée dans le nord du bassin que
dans le sud, en raison des effets de dilution causés par les apports d’eau croissants se produisant d’amont en aval, le long du bassin. Les eaux souterraines du bassin de la Volta sont généralement de bonne qualité.

Moyens de subsistance

Les pays riverains du bassin de la Volta sont généralement pauvres, et présentent des économies faibles, basées principalement sur l’exportation de produits primaires. Le Rapport sur le développement humain de 2014 (UNDP 2014) les classe tous, à l’exception du Ghana, dans la tranche basse de développement, avec un indice de développement humain inférieur à 0,5. Le PIB par habitant des pays riverains se situe entre 1.858,20USD (au Ghana) et 636,40USD (au Togo) (World Bank 2014). Les taux élevés de pauvreté entraînent également une vaste migration
vers les régions riches en ressources, contribuant à son tour à une pression croissante sur les terres agricoles productives. La moitié de la population environ, dans chacun des pays riverains, se situe dans la tranche d’âges des 15-64 ans, qui constitue la majorité de la population active (Tableau 2.8). Parmi les six pays du bassin, le Ghana a la population active la plus grande (15,02 millions), suivi par la Côte d’Ivoire (11,2 millions), le Burkina Faso (8,8 millions), le Mali (7,7 millions), le Bénin (5,6 millions) et le Togo (3,7 millions).
64 à 88% de la population du bassin est rurale (Barry et al. 2005) et dépend directement des ressources naturelles, un défi pour leur gestion durable (Biney 2010). Le fleuve Volta et ses affluents sont une source d’eau importante pour les habitants. L’eau est vitale pour la subsistance de la population du bassin, ainsi que pour la croissance économique. Les principales activités de subsistance dans le bassin comprennent la production agricole, l’élevage, la pêche, l’industrie, et le commerce.

Agriculture

L’agriculture (incluant l’élevage, la pêche, et la foresterie) est l’activité de subsistance la plus importante dans le bassin, et contribue à une part importante du PIB des pays riverains. Elle génère environ 40% de la production économique du bassin, et demeure fortement tributaire de la disponibilité des ressources en eau (Biney 2010). La majorité des personnes économiquement actives (hommes et femmes) pratique une agriculture commerciale ou de subsistance. Le secteur
de l’agriculture emploie la plus grande partie de la population active (60-92%). En Côte d’Ivoire, l’agriculture représente 54% de l’emploi masculin, et 72% de l’emploi féminin (Obuobie et Barry 2010).
Les systèmes d’exploitation incluent une combinaison de rotation des cultures et de polyculture. Il existe également des systèmes de monoculture, en particulier de riz, le long des vallées fluviales et des ruisseaux. En amont des bassins versants, les agriculteurs utilisent des diguettes, des murets, et des petits talus herbeux pour la conservation des terres et de l’eau, et l’amélioration de la production. Les agriculteurs cultivent la plupart des parcs agroforestiers, caractérisés par un maintien délibéré d’arbres polyvalents ou ayant principalement une valeur
économique, comme le karité (Vitellaria paradoxa), le Dawadawa (Parkia biglobosa), et le Kapok (Ceiba pentandra)sur les terres agricoles (Poudyal 2009). Généralement, l’agriculture se caractérise par l’utilisation d’outils simples et du feu pour défricher la végétation. Le faible niveau technologique limite intrinsèquement la superficie totale potentiellement cultivée. La traction animale est massivement utilisée dans certaines parties du bassin, mais les houes et les machettes restent les principaux outils agricoles. L’utilisation de tracteurs pour la préparation des sols augmente progressivement.Les agriculteurs sont fortement dépendants de la fertilité naturelle des sols, et les applications d’engrais restent faibles, tant en termes de quantité par hectare que de fréquence d’application. Les sols sont donc pauvres, et les pressions sur les terres agricoles réduisent les périodes de jachère.
Les cultures ont généralement lieu pendant la saison des pluies, bien que de nombreux systèmes d’irrigation à petite échelle, tels que barrages, étangs artificiels, et petits réservoirs, permettent également une agriculture en saison sèche. Les variétés cultivées dans le bassin comprennent le maïs, le mil, le sorgho, le riz, l’igname, l’arachide, les haricots bambaras, le niébé, le soja, et les légumes comme les tomates, les oignons, le chou, les piments, et le gombo. Les cultures de rente présentes dans le bassin incluent le coton, le café et le cacao.
Les zones boisées sont coupées afin de fournir des terres supplémentaires pour l’agriculture, ainsi que du bois de chauffage et du charbon de bois pour les populations locales. Dans de nombreuses régions du bassin, les forêts ont été gravement surexploitées, et sont menacées (voir la section 2.4.2). La pression démographique dans le bassin conduit à une utilisation non durable des ressources forestières et foncières.

Élevage
En plus des cultures, la production de bétail est une source importante de moyens de subsistance dans les régions rurales du nord du bassin. La production animale s’est maintenue à un niveau très faible dans le sud, du fait de la présence de mouches tsé-tsé et de la propagation de la trypanosomiase dans la partie tropicale du bassin. L’élevage d’animaux est donc plus fréquent au Burkina Faso et dans le nord du Ghana. Les riches prairies de savane fournissent un fourrage de bonne qualité pour la production animale. Presque tous les agriculteurs possèdent quelques animaux. L’élevage est une source de revenus pour les agriculteurs, mais aussi une assurance
en cas de besoin immédiat de trésorerie. Le bétail est généralement élevé en liberté, bien que certains animaux puissent être confinés, pendant la saison des pluies, pour éviter la destruction des cultures. Les agriculteurs élèvent généralement des bovins, des moutons, des chèvres, des porcs, des poulets, et des pintades. Au Burkina Faso, l’élevage animal, comme la production de cultures, occupe une place importante dans l’agriculture, dans l’ensemble des régions. McCartney et al. (2012) ont estimé les cheptels actuels dans le bassin de la Volta à partir de sources ministérielles
au Burkina Faso et au Ghana, ainsi que les cheptels futurs potentiels estimés sur la base des tendances actuelles de croissance.

Pêche et commerce du poisson
La pêche est une activité importante pour de nombreux habitants du bassin. Elle se pratique toute l’année, bien que les méthodes individuelles de pêche et les espèces ciblées varient considérablement au cours de l’année. Les activités de pêche sont habituellement masculines, à l’aide de pirogues, motorisées ou non. Outre les ressources halieutiques naturelles du bassin, le développement de l’aquaculture, en particulier l’élevage de poissons en cages, connaît également
une hausse de popularité, en particulier dans le lac Volta, et sur la partie inférieure du fleuve. Le poisson frais est débarqué quotidiennement et vendu directement, en gros, ou à crédit, à des femmes qui le transformeront avant de le commercialiser. Dans d’autres cas, surtout les jours de marché, les pêcheurs peuvent vendre eux-mêmes leur poisson frais. Les principales méthodes de transformation sont le fumage, le salage, le séchage au soleil, et la fermentation.
La transformation est réalisée principalement par les femmes. Les grossistes viennent dans les villages de pêche pour acheter le poisson transformé, et reviennent sur les marchés situés au bord du lac en 2-3 jours, avec un poisson déjà préparé pour le voyage vers les centres urbains.
La pêche continentale est la principale source de subsistance pour de nombreuses communautés le long de la Volta. Le poisson fournit environ 60% des besoins totaux en protéines du Ghana, et la pêche continentale et l’aquaculture contribuent environ à hauteur de 20% à la production totale du pays. La production totale de la pêche intérieure est estimée à 87.500 T an-1, dont 98% proviennent du lac Volta (UNEP-GEF Volta Project 2010).2.7.4 Industrie Le développement industriel le plus important dans le bassin est la production d’hydroélectricité, bien que celle-ci ne fournisse pas d’emploi direct à la majorité de la population du bassin.
Au Ghana, il existe quelques usines textiles situées près du barrage d’Akosombo, comme Juapong Textiles Limited et Akosombo Textiles Limited. Quelques usines de transformation des tomates et du coton sont aussi présentes dans la partie nord du bassin, au Ghana. En dehors de celles-ci, les industries présentes dans la partie ghanéenne du bassin sont généralement de petite taille, utilisent des matières premières locales, et emploient habituellement entre deux et six travailleurs.
Au Burkina Faso, un certain nombre d’industries sont situées dans le bassin, utilisent de grandes quantités d’eau, et rejettent des déchets sur les voies navigables. Celles-ci incluent des industries agroalimentaires (brasseries, abattoirs, cotonneries, et savonneries), de produits chimiques (pesticides), et textiles (teinture et couture).

Le secteur industriel à échelle micro-économique est très peu développé, et dominé par les femmes. Les domaines d’activité comprennent la production de beurre de karité et d’huile d’arachide, le brassage de pito(bière locale), l’étuvage du riz, la filature et le tissage de tissu, la vannerie, la poterie, et le travail du cuir.
Les ressources minérales comme le phosphate, l’uranium, l’or, et le fer abondent dans le bassin de la Volta, mais très peu d’exploitations ont été développées. L’extraction d’or à petite échelle est pratiquée dans le nord-est du bassin, au Ghana, et dans plusieurs régions du Burkina Faso, comme Kaya, Bittou, et Yako. Outre la destruction des sols et de la végétation, la qualité de l’eau est également gravement touchée par l’utilisation du mercure. La plupart de ces activités minières sont illégales. La production de fer artisanale est également fréquente au Togo.
Le tourisme reste sous-développé dans le bassin, malgré de nombreuses attractions naturelles et culturelles. Les attractions les plus importantes sont les parcs nationaux tels que le Parc National de la Pendjari au Bénin, le Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire, et le Parc National de Mole au Ghana.

Commerce
Une autre forme de diversification des moyens de subsistance pratiquée est le petit commerce (vente de boissons, d’aliments cuits, de sucre, et autres produits essentiels de base). Le petit commerce occupe en particulier un grand nombre de femmes (à temps plein ou à temps partiel), et concerne une grande variété de produits (vente de plats cuisinés, boissons artisanales / boissons alcoolisées provenant de produits agricoles ou de fruits sauvages, vente au détail des produits de jardinage, etc.). Le secteur commercial est limité par un mauvais service de transports, couplé avec un réseau routier insuffisant, des moyens de communication limités, et une infrastructure commerciale déficiente.

Climat

Le climat du bassin du Volta est dominé par une masse d’air maritime tropicale provenant du sud-ouest, chargée de pluie, et une masse d’air continentale tropicale sèche du nord-est (Dickson et Benneh 1988). Les deux masses d’air se rejoignent au niveau de la zone de convergence intertropicale (ZCIT), formant une zone quasi frontale de basses pressions qui traverse l’Afrique de l’Ouest (Anyadike 1993). La ZCIT est donc caractérisée par une activité frontale vigoureuse dont le mouvement contrôle la quantité et la durée des précipitations. Sur l’ensemble du bassin, la saison des pluies débute lors du passage de la ZCIT vers le nord, et se termine quand elle repart vers le sud. On observe, par conséquent, une diminution graduelle des précipitations, du sud vers le nord.
Entre mai et août (i.e., mousson ouest-africaine), la ZCIT se déplace vers le nord et les pays du bassin se trouvent sous influence de la masse d’air tropicale maritime. De décembre à février, le front se situe normalement au-dessus du golfe de Guinée, et l’harmatan, un vent chaud, sec, et généralement poussiéreux venant du nord-est ou de l’est, au sud du Sahara (Kasei 2010), souffle sur tous les pays du bassin de la Volta. Entre mars et novembre, la ZCIT se déplace au-dessus du bassin selon une trajectoire complexe, traversant même certaines zones à deux reprises, et
entraînant une pluviométrie bimodale nettement plus importante au Ghana que dans le reste des pays du bassin. L’intervalle entre les deux pics de pluviométrie diminue avec le gradient latitudinal, jusqu’à ne former qu’un seul pic, au nord (Laux 2009).
Le climat du bassin de la Volta est donc très variable, à la fois spatialement et temporellement. Un gradient climatique clair défini des conditions humides au sud, et des conditions semi-arides au nord. Il se caractérise également par des températures élevées tout au long de l’année. En plus de la saisonnalité, la variabilité interannuelle est considérable. On pensait auparavant que ce phénomène était dû à des déplacements anormaux de la ZCIT, mais des travaux plus récents ont indiqué que l’explication viendrait plutôt de la structure complexe des vents zonaux qui se
forment au-dessus de l’Afrique de l’Ouest en été (Nicholson 2005).
Le Bassin de la Volta s’étend sur quatre zones climatiques :
1. La zone guinéenne, qui s’étend environ du 8e au 11e parallèles nord (Kranjac-Berisavljevic et al. 1999).
2. La Zone du Soudan, située sous le 11º30’ parallèle nord.
3. La zone soudano-sahélienne, située entre le 11º30’ et le 14e parallèles nord.
4. La zone sahélienne, située au-dessus du 14e parallèle nord (Barry et al. 2005).
La distribution spatiale des précipitations a été utilisée pourdéfinir les zones agro-climatiques du bassin (Figure 3.3).

Précipitations

Le bassin est caractérisé par de fortes variations spatiales et temporelles des précipitations. La zone sahélienne, dans la partie nord du bassin, reçoit une pluviométrie annuelle de moins de 500 mm an-1
. La zone soudano-sahélienne, qui couvre la majeure partie du Burkina Faso, reçoit des précipitations d’entre 500 et 900 mm an-1
. La zone soudanienne, couvrant la partie nord du Ghana et certaines parties de la Côte d’Ivoire, du Bénin, et du Togo, reçoit entre 900 et 1.100 mm an-1
de précipitations. La zone guinéenne, qui couvre la partie sud du Ghana, reçoit entre 1.000 et 1.300 mm an-1 de précipitations (Kranjac-Berisavljevic et al. 1999). La saison des pluies dure environ 3 mois dans la zone sahélienne, 4 à 5 mois dans la zone soudano-sahélienne, et 6 à 7 mois dans le sud des zones soudanienne et guinéenne (Barry et al. 2005). Près de 70% des précipitations annuelles dans le bassin se produisent pendant les mois de juillet, août, et septembre, avec peu
ou pas de précipitations entre novembre et mars sur la plus grande partie du bassin.
La grande saison des pluies dans le sud du bassin commence en avril/mai, et la petite en septembre/octobre. Les périodes de pics de précipitations sont juin/juillet et septembre/octobre pour la grande et la petite saison, respectivement. Dans le nord, il n’existe qu’une seule saison des pluies, entre mai/juin et septembre/octobre, avec une pluviométrie mensuelle maximale en septembre, habituellement.
Le volume annuel moyen de précipitations atteint les 500 km3, et il a été estimé que 340 km3 d’eau sont nécessaires avant qu’un ruissellement significatif se produise dans le bassin (Andreini et al. 2000). Martin (2006) a calculé que la recharge annuelle du système du fleuve Volta représente 13 à 16% de la moyenne annuelle des précipitations. Il existe aussi une variabilité des précipitations observée à moyen terme, sur une décennie. Par exemple, les années 1930, 1950, et 1960 ont été relativement pluvieuses, tandis que les années 1940, 1970 et 1980 étaient plus
sèches (UNEP-GEF Volta Project 2013).

Selon Opoku-Ankomah (2000), depuis les années 1970, un certain nombre de changements ont été observés dans la configuration des précipitations de certains sous-bassins, notamment une baisse de la pluviométrie et une réduction du ruissellement. Certaines zones qui, jusqu’à présent, connaissaient un schéma de pluviométrie bimodal, n’ont maintenant plus qu’une seule saison des pluies, la deuxième devenant très faible voire inexistante.
Bien que les précipitations n’aient diminué que de 5% entre 1936 et 1998, le ruissellement, quant à lui, a diminué de 14% (Andreini et al. 2000). Lacombe et al. (2012) rapportent que d’importants changements dans les précipitations se sont produits au Ghana entre 1960 et 2005, conduisant à une réduction du nombre de jours recevant moins 20 mm de précipitations, pendant la saison des pluies, entre 6º et 9,5º de latitude nord. Bien que ces changements se limitent à la partie centrale
du Ghana, ils sont significatifs pour l’ensemble du pays.

Température et humidité

On constate généralement une augmentation progressive de la température du sud vers le nord du bassin de la Volta. La température annuelle moyenne varie de 27ºC dans le sud à 36ºC au nord (Oguntunde 2004). Les températures diurnes peuvent aller jusqu’à 44ºC, et descendre jusqu’à 15ºC pendant la nuit. Une amplitude thermique diurne de 6 à 8ºC est observée le long de la côte, et de 10 à 13ºC plus au nord. En raison de la proximité de l’équateur, les températures moyennes en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, et au Bénin ne descendent jamais au-dessous de 24ºC. Au Burkina Faso et au Mali, la température moyenne dans la zone sahélienne est toujours supérieure à 29ºC, elle se situe entre 28ºC et 29ºC dans la zone soudano-sahélienne, et elle est inférieure à 28ºC dans la zone soudanienne (Barry et al. 2005).La variation saisonnière de la température se caractérise par quatre périodes : deux périodes extrêmement chaudes, et deux périodes relativement fraîches. La première période chaude se produit en mars-avril, avec des températures maximales moyennesde 37, 39 et 41ºC dans le sud, le centre et le nord du bassin respectivement, et des températures minimales moyennes de 24 (sud), 25 (centre) et 26ºC (nord). La deuxième période chaude se produit immédiatement après la saison des pluies. Elle n’est cependant pas aussi chaude quela première, avec une température maximale moyenne de 34, 36 et 38ºC dans le sud, le centre et le nord respectivement (Barry et al. 2005).
La première période plus fraîche se produit en décembre-février, avec des températures maximales moyennes de 33 à 35ºC en janvier, et des températures minimales moyennes de l’ordre de 14 (nord), 17 (centre) et 19ºC (sud). C’est la période de l’harmattan, un vent sec et poussiéreux, froid la nuit, et chaud pendant la journée. La deuxième période fraîche coïncide avec la saison des pluies. Pendant cette période, la teneur en humidité de l’air est à son maximum.
Les températures moyennes maximales et minimales pendant cette période fraîche présentent des variations extrêmes en raison de l’irrégularité des pluies (Barry et al. 2005). Le mois le plus chaud de l’année est le mois de mars ou avril, et le plus frais, le mois d’août. Le sud du bassin est plus humide que le nord. L’humidité moyenne quotidienne varie entre 6 et 83% en fonction de la saison et de la zone. Dans la zone côtière du Ghana, l’humidité relative est de 95 à 100% dans la matinée, et d’environ 75% dans l’après-midi. Dans le nord, ces valeurs peuvent descendre à 20 ou 30% pendant la saison de l’harmattan, et à 70 ou 80% pendant la
saison des pluies. De fortes rosées peuvent parfois se produire, surtout dans le sud où des niveaux de 0,8 à 1 mm ont été enregistrés (Barry et al. 2005).

Évaporation

L’évapotranspiration potentielle annuelle moyenne est à son niveau le plus faible dans l’extrême sud du bassin (1.500 mm an-1) alors qu’elle dépasse 2.500 mm an-1
dans la partie nord. Près de 80% des précipitations sont perdues par évapotranspiration pendant la saison des pluies (Oguntunde 2004). L’évaporation totale au mois d’août est généralement inférieure à 100 mm, alors que l’évaporation maximale (mesurée à l’aide de bacs) est supérieure à 400 mm en marsavril (Barry et al. 2005). L’évapotranspiration réelle dans la majeure partie du bassin dépend en
partie des propriétés du sol, et se situe généralement entre 10 mm j-1 à la saison des pluies, et 2 mm j-1 durant la saison sèche (Martin 2006). Dans la partie ghanéenne du bassin de la Volta, l’évapotranspiration potentielle oscille entre un minimum de 1.450 mm an-1dans le sous-bassin de la Volta noire, et un maximum de 1.968 mm an-1 dans le sous-bassin de la Volta blanche. Dans la partie burkinabaise du bassin de la Volta, la moyenne annuelle d’évaporation (mesurée à l’aide
de bacs) oscille entre un minimum de 1.932 mm an-1 dans le sud, à 2.334 mm an-1
dans le nord.Le Tableau 3.1 montre l’amplitude de l’évapotranspiration potentielle, ainsi que d’autres paramètres hydrométéorologiques, pour chaque sous-bassin du bassin de la Volta au Ghana.


Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nos Partenaires