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Village artisanal de Ouagadougou : Une tribune pour tous les artisans

C’est effectif ! Les artisans nouvellement attributaires de stands ont commencé leurs activités au sein du village artisanal de Ouagadougou.

Ce début d’activités marque également la réalité du principe de rotation dans l’occupation de l’espace, matérialisant ainsi la vocation du VAO : une tribune d’affaires pour tous les artisans burkinabè.

Dès la porte du Village artisanal de Ouagadougou (VAO), des coups de pinceau, de marteau ou de balai étaient perceptibles dans l’après-midi du mardi 21 février 2012. Les occupants des lieux s’activaient à renouveler la peinture, installer des étagères, ou débarrasser les locaux de leurs saletés. Rentrés officiellement sous escorte policière le vendredi 17 février 2012, les artisans étaient encore à l’aménagement de leur nouvel espace de travail quatre (4) jours plus tard. Adjaratou Ouédraogo est de ceux-là.

Peintre, elle compte travailler avec d’autres personnes. Elle supervisait les derniers coups de pinceau que des ouvriers s’attelaient à donner à son atelier. Son arrivée au VAO constitue un tremplin qu’elle entend saisir. « Le village me permettra de faire voir mes œuvres et d’avoir de nouvelles opportunités », a-t-elle indiqué. Wahabo Nana, lui, a déjà refait la peinture de son stand et compte travailler avec vingt et une (21) personnes dans le bronze. « Je veux apporter mon expérience aux autres.

J’ai vécu dans plusieurs pays, et mon ambition est de faire connaître le Fasodanfani qui, à mon avis, n’est pas aussi valorisé ». C’est le challenge que s’est fixé Kassoum Yerbanga en intégrant le VAO. Le hic des ambitions de bronzier et du couturier, les anciens occupants de leurs ateliers tardent à plier bagages. Une situation balayée du revers de la main par Wahabo Nana. « Nous pensons que ce n’est pas nous qui devons régler le problème, il y a l’administration pour ça. Le village n’est pas comme le grand marché Rood woko où on peut rester dans une durée indéterminée.

La loi est là pour ça », a-t-il affirmé. Les nouveaux venus ont mis en place une équipe dont Kassoum Yerbanga est le président, pour évacuer le problème. Malgré la détention d’une autorisation d’occupation des locaux signée par le directeur général de l’Artisanat, ils ont décidé de ne pas avoir recours à la violence, selon le président du comité de crise : « Comme nous sommes en règle, nous refusons de céder à la provocation. C’est vrai que beaucoup d’entres nous ne travaillons pas encore à cause de la présence de nos prédécesseurs et de leurs effets, mais nous privilégions le dialogue ».

Comme les « colocataires » de Wahabo et de Kassoum, ils sont au nombre de quarante-neuf (49) chefs d’atelier dont le séjour au VAO, conformément aux contrats individuels signés en 2005, est arrivé à échéance le 31 décembre 2011. Le VAO regroupe depuis octobre 2000 et de manière durable géographiquement et juridiquement 73 chefs d’atelier d’art émergent ; améliore durablement les performances économiques de ces artisans ; et fait bénéficier les retombées du projet à tous les artisans burkinabé quel que soient leur origine géographique ou le métier exercé.

La rotation, un principe profitable aux artisans Le principe de la rotation des artisans a été adopté par le Conseil de Gestion en sa séance ordinaire du 20 août 2002. Il restait alors à fixer les modalités et il a été demandé au Groupement d’intérêt économique (GIE) des artisans de transmettre officiellement son avis. Ainsi, après des échanges avec les artisans, la session ordinaire du Conseil de Gestion du 19 avril 2004, en accord avec les deux représentants des artisans au sein du conseil, a fixé la durée du séjour sur le site des artisans à 7 ans au lieu de 5 ans comme initialement proposés.

Le Conseil, en acceptant de proroger la durée de séjour des artisans au VAO de 5 à 7 ans, a obtenu en contrepartie du GIE son engagement à sensibiliser les artisans à ce qu’ils reversent intégralement la commission de 10% sur les ventes réalisées dans les ateliers. Le conseil de gestion a alors décidé de la non-rétroactivité de la mesure, ce qui a permis aux premiers artisans de séjourner pendant 12 ans sur le site du VAO. Avec cette décision, les premiers départs du site devraient avoir lieu en décembre 2011, et 49 maîtres artisans sur 73 sont concernés.

Dans la perspective de la mise en œuvre de ladite décision, le Gestionnaire du village a organisé le 2 avril 2010 une réunion avec les artisans concernés pour les informer des mesures d’accompagnement prévues pour faciliter la poursuite de leurs activités après leur départ du VAO. Ces mesures sont : l’ouverture de la salle d’exposition aux produits des artisans non installés sur le site ; l’élaboration d’un plan d’affaires pour les artisans en fin de séjour au site ; la formation/ perfectionnement à destination des artisans en fin de séjour au site ; la possibilité donnée aux artisans sortant du site de former les nouveaux arrivants ; l’ouverture du site Web du VAO aux produits des 49 artisans sortants.

Le départ des uns devra permettre aux autres de s’installer sur le site et de bénéficier de boutiques, de participations aux salons internationaux et d’une exposition sur le site web du VAO. Des activités qui génèrent une manne financière à redistribuer aux occupants ; pour l’année 2010, cette somme était de trois cent trente-quatre millions (334 000 000) de FCFA. L’alternance devra permettre à tous les artisans de profiter des mêmes avantages, et faire ainsi du VAO celui de tous les artisans du Burkina.

Moumouni Simporé Maurice Sama, gestionnaire du VAO : « Le village artisanal est la vitrine du Burkina »

Quelles sont les dispositions prises par l’administration du village artisanal pour l’installation des nouveaux locataires ?

Nous attendons qu’ils s’installent et s’organisent d’abord car les ateliers on été trouvés dans un état très délabré. Ensuite, nous allons les rencontrer pour définir le cahier des charges pour l’occupation des ateliers.

La tension est toujours palpable avec des anciens locataires qui refusent de céder leurs places ; qu’est-ce que vous avez prévu pour améliorer la situation ?

Je ne peux pas dévoiler notre stratégie. Il y a des mesures qui seront prises concernant ces artisans. Les ateliers ne leur appartiennent pas. Il y a un arrêté ministériel qui place le VAO sous la délégation de la direction générale de l’Artisanat, qui relève du ministère du Commerce. Nous estimons que les choses sont claires, et considérons leur acte comme de la provocation. L’administration a attribué des ateliers à des artisans qui les ont occupés. Parmi les anciens, certains ont accepté de partir et d’autres ramassaient encore leurs effets. Curieusement, hier (Ndlr : lundi 20 février 2012), ils ont commencé à se réinstaller sur l’instruction de leur avocat. Mais ce n’est pas normal. Les nouveaux artisans ont mis en place un bureau provisoire, avec lequel nous avons eu une rencontre de travail pour éviter les conflits entre eux au sein du village.

Ceux qui refusent de partir disent attendre une décision de justice ce jeudi 23 février 2012 qui devrait les rétablir dans leur droit. Sera-ce le cas ?

Nous attendons tous. Moi, en tant que gestionnaire, je m’en tiens à la délibération du conseil des ministres du 25 janvier. Ce conseil a instruit le ministre en charge du dossier pour la mise en œuvre diligente des mesures suivantes : la réaffirmation de l’intangibilité du principe de la rotation ; le départ du Village artisanal de Ouagadougou des quarante- neuf (49) artisans chefs d’atelier dont le séjour est arrivé à échéance à la date du 31 décembre 2011 ; l’examen diligent des cent soixante-dix (170) dossiers de demande d’ateliers en instance en vue de sélectionner les artisans entrants ; la poursuite de l’étude visant la détermination de mesures d’accompagnement devant permettre la réinstallation des quarante-neuf (49) artisans chefs d’atelier concernés par le principe de la rotation.

Cette affaire ne risque-t-elle pas de fragiliser tous les artisans du Burkina Faso ?

C’est aux premiers qui ont intégré le site de donner l’exemple. Cette situation ternit non seulement l’image de l’artisan, mais également de la profession et celle du pays, car le VAO est une vitrine permanente du Burkina Faso. Il n’a jamais été dit que le village appartiendrait aux premiers venus. Dans le document projet, il est dit que le VAO appartient à tous les artisans burkinabè sans distinction d’origine géographique ni de métiers exercés. Comment pouvons-nous faire profiter au plus grand nombre de bénéficiaires sans le système de la rotation ? Et c’est ce que l’Etat a fait. Il ne faut pas être égoïste ; il faut partager, comme l’a fait le Luxembourg en finançant la construction de l’infrastructure.

L’Observateur Paalga


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