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Le village de Koro

Le village de Koro est situé à 15 km de Bobo-Dioulasso, toutes ses maisons sont en banco et on le sépare en deux parties.

Situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville de Bobo-Dioulasso, il est implanté sur une colline rocheuse à 3 Km à droite sur l’axe Bobo - Ouagadougou. La population de KORO, composée de Bobo, Dioula, Peulh et Bobo-Dioula, est chiffrée à environ 30.000 habitants.

Le village est scindé en 2 parties : une partie paysanne et l’autre constituée de Forgerons. Les paysans s’occupent des cultures pendant toute la période d’hivernage et ne rejoignent le village qu’au terme des activités agricoles.

Le village de Koro (c’est à dire « le sage »), faussement appelé troglodyte, est en fait un village perché dans une zône granitique.
Il aurait été créé au XIème siècle par un chasseur appelé Guenelou Sanou, pour se mettre à l’abri des bêtes sauvages et des guerres.
Le rocher le plus haut permet une vue très large et ainsi de voir venir l’ennemi. C’était aussi l’occasion de donner des nouvelles aux autres villageois.
A l’origine, seul le village d’en bas existait ; il a fallu ensuite se réfugier dans le village perché en période de troubles.

Au XXème siècle, entre la fin de la colonisation et la fin des bêtes sauvages ; les habitants ont commencé à redescendre car l’eau et les terres agricoles se situent en bas de la colline.

La partie basse du village est de plus en plus habitée : dans la journée le village perché se vide de la majeure partie de ses habitants (commerce, école, agriculture, dolotières....) seuls restent les enfants en bas âge ou non scolarisés, leur mère, les potières, les forgerons et les personnes âgées... soit une centaine de personnes. Le soir venu venu ; tous les villageois rentrent dans leur maison au point que le village perché frise.

Ce village est construit de cases traditionnelles bobo reposant sur du granit. Actuellement encore, les fondations d’une case sont faites avec du granit. Les hommes brûlent de gros blocs de granit afin de fragiliser la pierre avant de la casser avec de gros marteaux, des burins et des barres à mines.
Les cailloux sont alors entassés pour faire une dalle sur laquelle on verse du sable pour égaliser le sol.

La case en banco est alors construite sur cette dalle. Les femmes fabriquent les briques de banco avec une terre qu’elle vont chercher parfois loin car il n’existe aucune bancotière dans le secteur.

Le plafond des maisons est fait de bois posés à plat dont il faut assurer le renouvellement tous les ans, au point que les villageois préfèrent maintenant la tôle pour plus de commodités.
Les murs intérieurs sont blanchis avec de l’argile blanche (et non de la chaux comme on pourrait le penser).

A l’origine, le village perché était composé de 90% d’animistes avant l’arrivée des Dioula.
Actuellement il est composé de trois quartiers très différents :

Les agriculteurs, d’ethnie Bobo et de religion animiste (c’est le premier quartier que l’on rencontre lorsqu’on monte pour visiter le village)

Les forgerons et les potières, d’ethnie Bobo et de religion musulmane

Les commerçants, d’ethnie Dioula et de religion musulmane

Ce quartier animiste compte des fétiches un peu partout sur les maison pour les protéger.
Le fétiche principal (placé sur sur une sorte de pyramide, cf la photo en haut) est le plus ancien du village et vise à protéger le lieu.

C’est dans ce même quartier que se trouve un double fétiche, protecteur de jumeaux - sur lequel se déroule un sacrifice une semaine après la naissance de juneaux - avant de leur donner un nom ; une naissance gemellaire est considérée comme bénéfique pour la famille.

La case à palabres se présente sous la forme d’un auvent bas de plafond dont l’accès est interdit aux femmes et aux non initiés (l’initiation est uniquement masculine et se fait à 20 ans).
Le sol est couvert de grosses pierres de granit sur lesquelles prennent place le chef du village (sur la plus grosse pierre) et les vieux de chaque famille.

cette case sert de palais du justice. Le plafond est volontairement très bas afin d’éviter les disputes et discussions trop animées lors de palabres ; difficile en effet de s’énerver sans se lever : la personne alors se cogne au plafond et se rassied.

Les potières fabriquent toutes sortes de poteries (dont les canaris) : ci-dessus à gauche, les canaris pour fabriquer le dolo. A droite des poteries qui sèchent avant cuisson.

Les potières fabriquent des canaris qui sont vendus sur les marchés à Bobo. Les revendeurs viennent les acheter sur place à 750 francs pièce pour les revendre jusqu’à 2000 francs.

L’argile jaune nécessaire à la fabrication des poteries est prélevé en bas dans les marigots. Elle est pilée, tamisée, malaxée dans l’eau et foulée aux pieds avant de la laisser reposer pendant 24 à 48 heures.

La poterie est montée à la main sur une écuelle creuse dans laquelle oin a mis du sable sec avant de construire la poterie afin de la démouler plus facilement.

La poterie terminée est soit plongée dans la latérite concassée et mouillée (pour la couleur rouge) soit recouverte d’un enduit fait de graines brûlées et pilées, mélangées avec de l’eau et de l’argile (pour la couleur noire).
Le dessin extérieur s’obtient avec un petit épis de maïs ou de mil sans les grains, que l’on va rouler sur la paroi du canaris afin de laisser une succession de petits points.

Après 24 heures de séchage à l’ombre, toutes les poteries sont descendues au bas du village pour être cuites.

Une bonne potière fabrique de 5 à 6 poteries dans une journée.

Le quartier des commerçants ; d’ethnie Dioula, de religion musulmane.

Curieusement, c’est ici que se trouve la case à fétiches avec les masques ; elle a été construite dans le quartier des musulmans sachant que personne n’y toucherait.

Les Dioula sont des commerçants qui organisent un petit marché de temps à autre sur la place de leur quartier ; mais ils vendent surtout au bord de la piste ou du goudron.

Les grands marchés dans le village perché se déroulent surtout lorsqu’il y a des funérailles.


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